Même pas de stress avec le Taser X26 ?

Utilisé par les forces de l’ordre depuis 2004, le Taser X26®, un pistolet à impulsion électrique, permet de neutraliser un sujet violent à distance en lui administrant, à l'aide de deux électrodes, une décharge de 50 000 volts avec une intensité de 2 milliampères, pendant une période de cinq secondes au maximum. Son utilisation reste controversée en raison de son éventuelle implication dans des cas de mort subite.

Dans l’étude présentée, les auteurs se sont intéressés à la réponse biologique au stress produit par cette arme en comparaison à d’autres situations.

Ils ont exposé un premier groupe de volontaires au Taser (tir dans le dos), le deuxième groupe a reçu dans le visage un spray irritant à base d’Oléorésine capsicum pendant 5 secondes, les volontaires du troisième groupe ont subi une immersion des mains et des avant-bras pendant 45 secondes dans une cuve d’eau à 0° et pour le dernier groupe, les individus ont dû empêcher un instructeur de leur prendre leur arme au ceinturon, tout en restant allongés sur le dos pendant une minute.

Des prélèvements quantitatifs salivaires d’alpha amylase et de cortisol ont été réalisés 10-15 minutes avant l’exercice, puis à 10-20 minutes et 40-60 minutes après l’exercice.

Les résultats montrent que c’est l’exercice de défense qui a généré la plus haute élévation d’alpha amylase salivaire suivi de l’exposition au gaz irritant.

L’immersion dans l’eau glacée et l’exposition au Taser ne se sont pas accompagnées d’une activation du système sympathique. En ce qui concerne la mesure du cortisol salivaire, c’est l’exposition au gaz irritant qui en a provoqué la plus grande augmentation, suivie par l’utilisation du Taser.

Les auteurs comparent l’épreuve de défense à une arrestation et estiment que l’arrestation physique produit une réponse intense au stress en particulier du système sympathique et conseillent de réduire la durée d’interpellation chez les sujets à risque de décès par mort subite (la réponse au stress étant potentialisée lors de l’utilisation de substances stimulantes…). Ils concluent que l’utilisation du pistolet à impulsion électrique n’active pas plus la réponse au stress que les autres situations étudiées mais préconisent la réalisation d’autres études pour déterminer les mécanismes impliqués dans les cas de mort subite.

Ainsi, cette étude apporte-t-elle des arguments supplémentaires en faveur de l’innocuité du Taser mais il existe plusieurs facteurs limitants dans cette étude, notamment le faible nombre de participants (53 au total) recrutés dans les forces de l’ordre, et qui pour certains avaient déjà été exposés à ces situations.

Dr Frédérique Doriat

Références
Dawes D, Ho J, Miner J. : The neuroendocrine effects of the TASER X26®: A brief report.
Forensic Sci Int., 2009, 183 : 14-19.

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