Valider le diagnostic de stress post-traumatique

Défini en relation à un contexte étiologique (« critère de stress »), le diagnostic de stress post-traumatique, le PTSD du DSM (Post Traumatic Stress Disorder) repose sur deux éléments essentiels : l’exposition à un événement traumatisant et l’apparition de symptômes consécutifs au traumatisme présumé. D’où l’émergence de controverses sur la définition du stress originel, et sur l’imputabilité des troubles. Un consensus ne se dégage pas encore sur l’existence de phénomènes propres à l’émergence d’un stress post-traumatique, sur le niveau d’exposition aux facteurs pouvant entraîner des effets cliniques et /ou biologiques, ni sur la validité du diagnostic de PTSD à long terme.

Les auteurs préconisent d’affiner les critères diagnostiques, en accord avec la stratégie classique de Robins et Guze pour la validation des diagnostics psychiatriques. À cet effet, ceux-ci(1) proposèrent en 1970 une procédure en cinq étapes, adoptée depuis 1980 par le DSM :

–Description clinique.
–Examens complémentaires : investigations de laboratoire, imagerie, tests psychologiques…
–Démarcation avec les autres maladies, à travers des critères d’exclusion.
–Suivi longitudinal montrant la stabilité temporelle du diagnostic et de la réponse thérapeutique.
–Études familiales : susceptibilité génétique ou /et facteurs d’environnement ?

Atout majeur de cette démarche : son approche neutre, sans préjugé théorique sur l’affection ou son étiologie. Mais sur plus de 200 diagnostics proposés par le DSM-IV révisé, seule une douzaine est validée jusqu’ici selon cette méthodologie de Robins-Guze. Et le PTSD n’est pas (encore ?) confirmé à l’aune de ces critères éprouvés. Les auteurs estiment que l’imputation des troubles au traumatisme initial s’avère « plus complexe qu’une relation linéaire ». Et que les recherches ne peuvent se cantonner à une simple collecte de symptômes gravitant plus ou moins dans le sillage d’un événement traumatisant. Mais doivent s’attacher à une validation précise des critères permettant de confirmer ou non cette entité nosographique. Car loin de s’apaiser à l’approche du DSM-V, la controverse sur la pertinence de ce diagnostic s’est au contraire « intensifiée ».

(1) Eli Robins (1921-1994) et Samuel Guze (1923-2000) : cf.  http://ajp.psychiatryonline.org/cgi/content/abstract/126/7/983

Dr Alain Cohen

Référence
North CS et coll. : Toward validation of the diagnosis of posttraumatic stress disorder. Am J Psychiatry 2009; 166-1 : 34–41.

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