Quelle est la véritable histoire naturelle des cancers du sein dépistés ?

Dans de nombreux pays d’Europe, l’introduction d’un dépistage mammographique des cancers du sein s’est accompagnée d’une augmentation d’incidence des cancers mammaires dans les tranches d’âge concernées par le dépistage. Si tous les cancers nouvellement détectés avaient été destinés à progresser jusqu’à devenir cliniquement manifestes, on aurait dû observer une baisse de l’incidence de ce cancer chez les femmes plus âgées, ce qui n’est pas le cas.

Une étude norvégienne a comparé l’incidence cumulée des cancers mammaires dans deux cohortes de femmes avant et après le début du dépistage : un groupe de femmes ayant participé à trois campagnes de dépistage, de 1996 à 2001, âgées de 50 à 64 ans en 1996 ; un groupe témoin qui aurait pu participer à un dépistage organisé, si ce dernier avait existé avant 1997, et qui a bénéficié d’un seul dépistage à la fin de la période d’observation. L’incidence cumulée des cancers mammaires était plus élevée dans le groupe « dépistage » à la fin de la période d’observation, comparativement aux témoins (1 268 versus 810 pour 100 000).

Après avoir réalisé le dépistage chez les femmes du groupe témoin, l’incidence du groupe régulièrement dé-pisté demeure plus élevée de 22 % et ce, quelle que soit la tranche d’âge. Cette observation, troublante, suggère que certains cancers dépistés par la mammographie pourraient disparaître spontanément.

Référence
Zahl PH et coll. : The natural history of invasive breast cancers detected by screening mammography. Arch Intern Med 2008 ; 168 : 2311-6

Copyright © Len medical, Gynecologie pratique, février 2009

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