Une nouvelle option dans le Parkinson, la L-DOPA en continu

La L-DOPA est le gold standard du traitement de la maladie de Parkinson. Cette molécule utilisée dès les années 70 a été déclinée en différentes versions afin de permettre au clinicien d’adapter son administration en fonction des caractéristiques pharmacocinétiques du produit mais aussi de la réactivité du patient, variable au cours de l’évolution de la maladie. Un des objectifs fondamentaux du traitement est de limiter les fluctuations des taux sanguins et cérébraux de la L-DOPA, principal facteur d’apparition des fluctuations cliniques et des dyskinésies. Deux formes galéniques sont actuellement disponibles : les formes à  libération prolongées et les formes combinées à un inhibiteur de la cathéco-O-Methyl transférase.  Cependant, la diminution des fluctuations et des dyskinésies est modérée avec ces produits.

La Duodopa®  est  une nouvelle forme  de L-DOPA  utilisée de manière confidentielle en France. Ce gel de L-DOPA a été développé pour être administré par voie jéjunale, permettant de court-circuiter les aléas de  la vidange gastrique.  Le patient porte une cassette changée quotidiennement associée à une pompe ambulatoire reliée à une sonde gastro-jéjunale percutanée.

Une équipe Lilloise a rapporté dans la revue neurologique leur expérience portant sur 7 patients présentant une MP évoluée avec des troubles cognitifs et axiaux. Ces patients étaient âgés en moyenne de 63 ans avec une durée moyenne de maladie de 13 ans. Ils avaient des troubles cognitifs variables (Mattis 103 à 130).  La Duodopa a permis la diminution de 44 % du score moteur UPDRS III,  de 40 % des signes axiaux, de 12 % des troubles de la marche,  de 37,5 % des fluctuations et de 20 % des dyskinésies. Par contre, la qualité de vie (auto-questionnaire PDQL39) et la gène dans  la vie quotidienne (UPDRS II) n’ont pas été améliorées.  Le manque d’ergonomie a été une des principales critiques énoncées par les patients : cassette trop lourde, tuyau visible.

Ce travail préliminaire permet de préciser l’efficacité sur les signes parkinsoniens et les limites de ce nouveau dispositif. Une amélioration ergonomique et une diminution du coût prohibitif du produit pourraient permettre de proposer ce type de traitement chez les patients sévères n’ayant pu bénéficier de la chirurgie ou des pompes à apomorphine.

Dr Christian Geny

Référence
Annic A et coll. : Continuous dopaminergic stimulation by Duodopa in advanced Parkinson’s disease: Efficacy and safety. Rev neurol 2009; publication avancée en ligne le 15 janvier.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article