Trop de facteur Von Willebrand, un facteur de risque de maladie cardiovasculaire uniquement chez le diabétique de type 2

De multiples facteurs de risque concourent à l’installation de la maladie cardiovasculaire : certains sont classiques et d’autres moins bien établis. Ainsi en est-il de l’implication du facteur von Willebrand  (vWF). Cette glycoprotéine, produite par les cellules endothéliales et qui intervient dans l’adhérence des plaquettes au contact des lésions de l’endothélium, peut en effet favoriser la formation du thrombus. De plus, elle est également impliquée dans le transport du facteur VIII (F VIII). Son rôle potentiel a suscité de nombreuses études, dont certaines, mais pas toutes, ont mis en évidence une association significative, mais inconstante  entre le facteur vWF et la maladie cardiovasculaire (MCV).

Une étude de cohorte prospective a inclus 3 799 sujets qui sont les descendants de la cohorte initiale de la prestigieuse Framingham Offspring Study. Au terme d’un suivi de 11 années, 351 d’entre eux ont développé une MCV cliniquement patente. Le modèle des risques proportionnels, avec ajustement en fonction de nombreux facteurs de confusion potentiels a été appliqué à cette population. Les valeurs du vWF ont été regroupés en quartiles. La comparaison interquartile a révélé un risque relatif ajusté (RRA) de MCV de 0,94, 0,98 et 1,32 dans les 2ème, 3ème et 4ème quartile (p=0,04 versus quartile inférieur considéré comme la référence).

Des ajustements statistiques pour le diabète de type 2 et l’insulinorésitance ont partiellement atténué cette association. La stratification en fonction de la présence d’un diabète ou d’une insulinorésistance a montré que le vwF était associé avec la MCV  chez les diabétiques (RR 1,47 ; p=0,04 ; quartile supérieur versus inférieur) mais pas chez les non diabétiques (RRA=1,15 ; p=1,15) et chez les insulinorésistants  (RRA=1,50 ; p=0,01), mais pas chez les « insulinosensibles » (RRA = 1,02, p=0,9).

Des concentrations plasmatiques élevées du vWF seraient donc un facteur de risque de MCV mais uniquement chez les patients atteints d’un diabète de type 2 ou encore d’une insulinorésistance.

Dr Catherine Watkins

Référence
Frankel DS et coll. :Von Willebrand Factor, Type 2 Diabetes Mellitus, and Risk of Cardiovascular Disease: The Framingham Offspring Study. Circulation 2008; 118(24): 2533-9.

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