Premiers pas d’une thérapie génique de l’infection HIV

Alors que les traitements antirétroviraux montrent certaines limites dans la maîtrise de l’infection avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) – toxicité élevée, interactions médicamenteuses, résistance virale – et que les résultats des essais de vaccination ne sont pas encore encourageants, la piste des thérapies cellulaires et géniques ne doit pas être négligée.

Des chercheurs américains et australiens viennent de publier les résultats d’un essai clinique de phase II1, contrôlé, randomisé, en double-aveugle associant ces thérapies innovantes. Des cellules érythropoïétines des patients participant à l’étude ont été récoltées, multipliées en culture, inséminées par un ribozyme appelé OZ I, grâce à un vecteur viral inoffensif et réinjectées aux patients respectifs. Le ribozyme OZ I a la mission de protéger de la réplication virale les lymphocytes qui seront issus de ces cellules CD 34 +, en coupant l’ADN du VIH qui les infecterait, dans un endroit précis (situé dans les gènes vpr et tat). Une perfusion unique permet de coloniser la moelle osseuse du patient avec un « pool » de cellules souches qui empêcheront le virus de se multiplier.

L’étude a inclus 74 patients, 38 dans le groupe traité et 36 dans le groupe placebo, tous initialement sous traitement antirétroviral. Le protocole leur a fait observer deux fenêtres thérapeutiques, entre la semaine 24 et 28 et entre la semaine 40 et 100 après la perfusion contenant le ribozyme anti-VIH. Des évaluations régulières de la charge virale n’ont pas montré de différences statistiquement significatives entre le groupe traité et le groupe placebo, mais la numération des cellules CD4+ a été constamment, pendant les 100 semaines de l’étude, supérieure dans le groupe traité par rapport au groupe placebo.

De plus, aucun effet indésirable lié au protocole n’a été observé.

Ces résultats ont démontré, pour le moins, la faisabilité d’une thérapie génique dans l’infection VIH, tout en sachant que d’autres pistes que le ribozyme OZ I restent à explorer.

Les patients ayant reçu le « OZ I » sont inclus aujourd’hui dans un protocole de suivi au long cours, qui va durer au moins 15 ans.

Dr Ioana Caron

Références
1) Essai clinique enregistré sous le numéro NCT00074997 consultable sur le site http://www.clinicaltrials.gov
Mitsuyasu R et coll. : Phase 2 gene therapy trial of an anti-HIV ribozyme in autologoue CD34+ cells. Nature Medecine, 2009, Vol.15, 3 : 285 - 292

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