Dépression et baby blues, la piste des hormones

Dépression et baby blues, la piste des hormones

Avec la médiation pressentie de la corticolibérine (nouveau nom français du CRH, corticotropin-releasing hormone[1]), la notion de « climat » hormonal constitue actuellement un candidat sérieux pour le poste de responsable des dépressions. Ces rapports entre troubles dépressifs et substrats biologiques sont particulièrement incriminés en matière de « baby blues », une symptomatologie dépressive commune dans le post-partum et dont les conséquences sont préoccupantes pour la mère et son enfant.

Portant sur une cohorte de 100 femmes enceintes, une étude californienne a exploré l’association présumée entre taux de corticolibérine placentaire et dépression du post-partum. Afin d’évaluer les taux de la corticolibérine placentaire, du cortisol et de l’ACTH, des dosages hormonaux ont été réalisés à cinq reprises : 15ème, 19ème, 25ème, 31ème et 37ème semaine de grossesse. Les troubles dépressifs éventuels ont été recherchés lors des quatre dernières consultations prénatales. Puis lors du post-partum, en recourant à un questionnaire standardisé (Edinburgh Postnatal Depression Scale)[  http://www.fresno.ucsf.edu/pediatrics/downloads/edinburghscale.pdf ]. Aucune association significative avec la dépression n’a été retrouvée pour le cortisol ni pour l’ACTH. En revanche, en montrant que des taux « significativement élevés » de corticolibérine placentaire (autour de la 25ème semaine de grossesse) sont associés à une dépression du post-partum, les analyses confirment l’implication de cette substance comme médiateur hormonal.

Les auteurs en concluent qu’à la « période critique » du milieu de la grossesse, le taux de corticolibérine placentaire constitue un marqueur biologique « sensible et spécifique » auquel on pourrait recourir, en vue d’un diagnostic plus précoce de la dépression post-puerpérale. Si d’autres recherches confirment ces résultats, ils présenteront un intérêt certain pour identifier et traiter des femmes susceptibles d’être concernées par le « baby blues ».

[1] anciennement CRF (corticotropin releasing factor).

Dr Alain Cohen

Référence
Ilona S. Yim & col. : Risk of postpartum depressive symptoms with elevated Corticotropin-Releasing Hormone in human pregnancy . Arch Gen Psychiatry 2009 ; 66 (02) :162-169.,

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