Ne comptez pas sur le café pour échapper au syndrome métabolique !

La consommation de café est supposée faire diminuer le risque de diabète de type 2. En effet, dans une revue systématique publiée dans le JAMA en 2005, RM Van Dam et al ont identifié 9 études de cohorte incluant 193 473 participants consommateurs de café dont 8 394 diabétiques de type 2. Le risque relatif RR de diabète de type 2 chez les gros consommateurs (6 tasses ou plus de café par jour) a été estimé à 0,65 et à 0,72 pour les consommateurs de 4 à 6 tasses par jour, par rapport aux consommateurs de 2 tasses par jour. Il apparaît que l’effet protecteur du café ne serait pas attribué à la caféine seule mais qu’il résulterait de la présence d’autres composants, en particulier l’acide chlorogénique, le magnésium et de substances anti-oxydantes. Cependant,  l’effet à long terme de la consommation de café sur le syndrome métabolique et ses divers éléments n’est pas connu.

Une étude néerlandaise ( Amsterdam et Rotterdam) s’est donc attachée à rechercher la relation éventuelle entre la consommation à long terme de café entre les âges de 27 ans et 36 ans et la prévalence du syndrome métabolique à l’âge de 36 ans.

Les données sur la consommation de café et les éléments du syndrome métabolique ont été obtenues à partir d’un échantillon de sujets sains, 174 hommes et 194 femmes, issus de la population d’une étude  néerlandaise : « The Amsterdam Growth and Health Longitudinal Study ». L’analyse des données a été réalisée à l’aide des équations généralisées d’estimation et d’analyses de régression.

A l’âge de 36 ans, la prévalence du syndrome métabolique atteignait 10,1 %. La consommation de café ne différait pas significativement entre les sujets avec ou sans syndrome métabolique ou ses divers éléments. Les analyses de régression ont montré qu’une augmentation de 1 tasse par jour a été associée à une baisse de pression artérielle moyenne de 0,11 mm Hg ( p = 0,03),  à une augmentation des taux de triglycérides de 0,02 mg / 100 ml ( p = 0,57, non significatif),  à une augmentation des taux de HDL de 0,04 mg / 100 ml (p = 0,35, non significatif), à une augmentation de l’HbA1c de 0,09 % (p = 0,12, non significatif) ou enfin à une augmentation du tour de taille de 0,02cm (p = 0,57, non significatif). Après ajustement pour l’activité physique, la consommation d’énergie, les habitudes tabagiques et la consommation d’alcool, aucun rapport entre la consommation de café et le syndrome métabolique ou ses éléments n’a été significatif.

La consommation de café n’est donc pas associée avec le syndrome métabolique ou ses éléments dans cette population de sujets sains suivis pendant 9 ans.

Dr Serge Brugier

Référence
Driessen MT et coll : Coffee consumption is not related to the metabolite syndrome at the age of 36 years: the Amsterdam Growth and Health Study. Eur J Clinl Nutr, 2009; 63, 4: 536-542, April 2009

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