Une infection respiratoire associée n’a qu’une influence modeste sur la sévérité d’une crise d’asthme

Les crises d’asthme sont souvent déclenchées par une infection respiratoire virale démontrée par PCR dans 63 % à 80 % des cas. Cependant, il n’existe pas de données sur l’implication de Mycoplasma pneumoniae (MP) et Chlamydia (CP). D’autre part, aucune étude n’a évalué l’impact de ces infections sur la sévérité et la durée des crises.

Ce travail a été conduit en parallèle avec l’évaluation des effets d’une corticothérapie orale de 3 ou de 5 jours, qui n’a pas démontré de différence d’efficacité. Les enfants âgés de 2 à 15 ans ont été recrutés aux urgences. L’exacerbation de l’asthme a été définie par la nécessité d’administrer plus d’une inhalation de salbutamol en 1 heure. Les patients qui ont dû être hospitalisés ou bien qui avaient une pathologie respiratoire sous jacente ont été exclus.

Le diagnostic d’infection respiratoire était basé sur la clinique (fièvre, écoulement nasal, mal de gorge) et la recherche des pathogènes par PCR. La sévérité initiale de la crise a été jugée sur un score standardisé et l’évolution, renseignée par les parents, sur un questionnaire de qualité de vie (QDQV) et des scores d’asthme et de toux et l’éventualité d’une nouvelle consultation. Le taux de recueil des données a été de 80 % pour le QDVQ et de 66 % pour les scores d’asthme et de toux.

Une infection respiratoire a été diagnostiquée chez 127 enfants sur 198 (64 %). En analyse univariée, lors de l’examen initial, les enfants infectés avaient des scores QDQV, d’asthme et de toux enregistrés par les parents plus élevés que les non infectés mais les scores de sévérité de la crise n’étaient pas différents. En analyse multivariée, les différences de score n’étaient plus significatives, l’âge venant interférer. Au 5ème jour, les paramètres notés par les parents aboutissaient à des scores plus élevés en cas d’infection mais cette différence n’était plus évidente au-delà. Des virus ont été détectés chez 54 % des 78 enfants prélevés, sans incidence sur l’évolution ; aucun MP ou CP n’a été identifié. Au total, chez les enfants non hospitalisés, la présence de signes cliniques d’infection respiratoire haute a un impact modeste sur la sévérité de la crise et sa durée. Cette différence n’est pas démontrée en cas de recherche virale positive.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Chang AB et coll. : The impact of viral respiratory infection on the severity and recovery from an asthma exacerbation. Ped Infect Dis J., 2009; 28: 290-94

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