Les médecins et personnels hospitaliers sont dans la rue

Paris, le mardi 28 avril 2009 – La semaine dernière a été ponctuée par plusieurs déclarations se voulant rassurantes du ministre de la Santé et du chef de l’Etat concernant la loi Hôpital patients santé territoire (HPST) qui suscite tant de critiques de la part des médecins hospitaliers et de l’ensemble des personnels. Ces promesses de clarification et d’amélioration du texte n’ont cependant pas suffi à apaiser la colère de l’hôpital et à essouffler une mobilisation croissante dont plusieurs chefs de service franciliens ont pris la tête. Ces derniers restent en effet très opposés au « volet gouvernance » de la loi et à l’ensemble des dispositions qui, à leurs yeux, tendent à transformer le secteur public hospitalier en entreprise rentable. « Rien n’est gagné (…) Madame Bachelot rejette en bloc les critiques (les craintes des médecins ne sont pas fondées, ils n’ont pas bien compris …) et ne cède absolument rien sur le fond, selon les propos tenus dans la presse et à la commission des affaires sociales du Sénat. On peut encore s’attendre à de nombreuses tentatives de désamorçage dans les jours qui viennent et à quelques reculs de façade pour faire passer l’essentiel. (…) Pourtant, dans le même temps, par son caractère très agressif, la prise de position des conférences des directeurs nous renseigne sur la volonté sans faille de nos interlocuteurs » écrivaient ainsi il y a quelques jours Pierre Faraggi, Président de la Confédération des praticiens hospitaliers et Rachel Bocher, Présidente de l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (HPST).

Retrait

Aussi, la mobilisation devrait-elle être  forte aujourd’hui, comme en témoigne le grand nombre d’organisations appelant à la manifestation et à la grève : le nouveau Mouvement de défense de l’hôpital public (MDPH), l'intersyndicale des personnels de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (CFE-CGC, CFTC, CFDT, SUD, USAP-CGT, FO), le Syndicat des internes des hôpitaux de Paris (Sihp), le Syndicat des chefs de clinique-assistants des hôpitaux de Paris (SCCAHP), l’INPH, la CPH et le Syndicat de la coordination nationale des médecins hospitalo-universitaire (SCNMHP) se sont en effet unis pour participer à ce mouvement qui coïncide par ailleurs avec une nouvelle journée d’action dans le monde de la recherche et de l’enseignement. Si au ministère de la Santé, on tente encore de minimiser l’ampleur du mouvement, soulignant son caractère parisien, l’émergence de différentes actions en province devrait l’inciter revoir cette position optimiste. A Lille et à Lyon, une grève des tâches administratives a en effet débuté hier, tandis qu’une « chaîne humaine hospitalière autour du CHU » pourrait être organisée aujourd’hui à Caen. A cette heure, des centaines de soignants sont attendus sur le pavé parisien, chefs de service en tête, fait assez rare pour être remarqué. Si la suppression du volet concernant la gouvernance de l’hôpital public semblait initialement devoir contenter la plupart des praticiens inquiets, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent aujourd’hui pour demander un report pur et simple de la réforme afin qu’une véritable concertation élargie se fasse jour (les discussions ayant eu lieu en amont de la rédaction du rapport Larcher n’ayant été suivies d’aucun effet selon les organisateurs du mouvement).

Voir les résultats de notre sondage concernant le soutien des professionnels de santé à l'appel des chefs de service contre la loi HPST : cliquez ici

A.H.

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