Deux stratégies d’insulinothérapie pour les patients sous nutrition entérale

De nombreux patients hospitalisés présentent un état catabolique susceptible d’entraîner une dénutrition en 8 à 12 jours, si des apports nutritionnels suffisants ne sont pas assurés. La nutrition entérale permet d’éviter les complications liées à la dénutrition mais elle provoque très souvent une hyperglycémie.

La première étude randomisée comparant deux schémas d’insulinothérapie pour lutter contre l’hyperglycémie chez les patients en nutrition entérale vient d’être publiée. Il s’agit d’un essai ouvert réalisé auprès de 50 patients hospitalisés dans un état non-critique (58 % pour cancer) dont la moitié avait un diabète connu.

Après constatation à plus de deux reprises d’une glycémie > 130 mg/dl, deux schémas d’insulinothérapie ont été testés :

- injection d’insuline ordinaire toutes les 4 à 6 heures avec une dose ajustée selon la glycémie du moment ; en cas d’hyperglycémie > 180 mg/dl constatée à 2 reprises, ajout de deux injections de NPH / 24h à une dose initiale égale à 50 % de la dose d’insuline ordinaire du jour précèdent.

- insuline glargine débutée à la posologie de 10 UI / j associée à des injections d’insuline ordinaire ponctuelles toutes les 4 à 6 heures en cas d’hyperglycémie dépassant 130 mg/l. 

L’objectif glycémique était compris entre 100 et 180 mg/dl ; 48 % des patients du groupe insuline ordinaire ont dû recevoir des injections d’insuline NPH dont 2/3 avaient un diabète connu.

La glycémie moyenne (160 vs 166 mg/dl), le pic et le nadir glycémiques étaient similaires avec les deux schémas d’insulinothérapie. La dose totale d’insuline quotidienne (27 UI / j en moyenne) et le nombre d’unités d’insuline rapporté au poids (0,33 UI / kg) ne différaient pas entre les deux groupes de même que la fréquence des hypoglycémies (1,3 ± 4,1 vs 1,1 ± 1,8 %) et la durée du séjour hospitalier.

Cette étude montre que l’insulinothérapie (par bolus d’insuline ordinaire ou par insuline basale) est efficace et sûre chez les patients hospitalisés sous nutrition entérale. Pour les patients ayant un diabète connu il est préférable d’initier rapidement une insuline basale. 

Dr Laurence Du Pasquier

Références
Korytkowski MT et coll : Insulin Therapy and Glycemic Control in Hospitalized Patients With Diabetes During Enteral Nutrition Therapy : A randomized controlled clinical trial. Diabetes Care 2009; 32: 594-596,.

Umpierrez GE : Basal Versus Sliding-Scale Regular Insulin in Hospitalized Patients With Hyperglycemia During Enteral Nutrition Therapy. Diabetes Care 2009; 32: 551-552.

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