Contribution des facteurs de risque cardiovasculaire à la progression de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer ou les démences type Alzheimer (DTA) s’aggravent lentement en fonction de divers facteurs de risque. A cet égard, certaines variables cliniques ou biologiques sont prédictives d’une telle dégradation. En l’occurrence, il s’agirait de facteurs de risque vasculaires, notamment : 1) les antécédents personnels : cardiopathie, accident vasculaire cérébral (AVC), diabète ou encore hypertension artérielle ; 2) le tabagisme chronique ; 3) les paramètres lipidiques : cholestérol total (CT), HDL-C, LDL-C, ou encore triglycérides. La signification de ces associations est toutefois incertaine, car elles ont été le plus souvent établies à partir d’études transversales.

Une étude de cohorte longitudinale, menée aux Etats-Unis, sort quelque peu du lot. Il s’agit en l’occurrence du Washington Heights/Inwood Columbia Aging Project qui a porté sur une cohorte initialement composée de  165 patients. Tous les participants, au cours d’un suivi moyen de 3,5 années (jusqu’à 10,2 années dans certains cas), ont développé une DTA, l’âge moyen au moment du diagnostic étant de 83 ans. Au cours de ce laps de temps, les performances cognitives ont été régulièrement évaluées au moyen d’un score composite qui a été intégré dans des modèles prédictifs prenant en compte l’âge, la race ou l’ethnie et les années d’étude.

Il a été ainsi établi que l’hypercholestérolémie (CT et LDL-C) et/ou les antécédents de diabète étaient associés à une accélération du déclin cognitif. Chaque élévation de 10 U du CT ou du LDL-C a été associée à une diminution annuelle du score cognitif de 0,10 (p<0,001 pour le CT et p=0,001 pour le LDL-C). En revanche, les concentrations du HDL-C et des triglycérides n’ont eu aucun impact sur la vitesse annuelle du déclin cognitif. Pour leur part, les antécédents de diabète ont accru cette dernière de manière significative (p=0,05). Les antécédents de cardiopathie ou d’AVC n’ont été associés au déclin cognitif que chez les porteurs du gène codant pour l’apolipoprotéine E  4 (APOE- 4). Un modèle généralisé reposant sur une  équation  globale a pris en compte le HDL-C et le LDL-C, mais aussi les antécédents de diabète. L’analyse permise par cette modélisation a montré que seules les concentrations élevées de LDL-C étaient associées à la rapidité du déclin cognitif, indépendamment des autres variables. Il semble donc que certains facteurs de risque vasculaire soient à même d’accélérer la progression des DTA.

Dr Philippe Tellier

Référence
Helzner EP et coll. Contribution of Vascular Risk Factors to the Progression in Alzheimer Disease. Arch Neurol 2009;66:343-348.

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