HPST : Roselyne Bachelot dément les rumeurs de démission

Paris, le jeudi 14 mai 2009 – Quelle que soit l’issue du bras de fer qui perdure entre les praticiens hospitaliers et le gouvernement au sujet de la loi Hôpital patient santé territoire (HPST), il n’est peut-être pas que la communauté médicale qui sortira exsangue de cette crise. Au sein du gouvernement et au cœur de nos institutions, la crise pourrait également faire quelques ravages. Le plus saisissant témoignage de cette observation peut se lire sur le site internet du ministère de la santé où a été publié hier soir un communiqué destiné à démentir des informations parues aujourd’hui dans le Point. Selon l’hebdomadaire en effet, en découvrant la teneur du discours que devait prononcer le Président de la République, Nicolas Sarkozy, lundi, en recevant les conclusions du professeur Jacques Marescaux sur l’organisation des CHU, Roselyne Bachelot aurait déclaré se sentir « totalement désavouée ». « Si le Président dit ce que je viens de lire, je serai obligée de démissionner » aurait-elle confiée à un conseiller de l’Elysée qui l’aurait dissuadée d’en venir à une telle extrémité, lui faisant valoir que Nicolas Sarkozy ne refuserait probablement pas cette démission. La rumeur rapportée par le Point ne serait nullement fondée. L’Avenue de Ségur assure en effet : « Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, dément l’écho la concernant, à paraître demain dans l’hebdomadaire Le Point. Elle affirme n’avoir jamais tenu les propos qui lui sont prêtés. La ministre s’étonne que des informations aussi erronées, sachant son attachement aux arbitrages rendus sur les conclusions de la commission Marescaux, puissent être publiées par un hebdomadaire national d’informations générales, sans que ce dernier ne prenne la peine de les vérifier ».

Cacophonie sur une seconde lecture à l’Assemblée

Pourtant, il n’est peut-être pas nécessaire de porter foi aux informations diffusées par le Point pour observer combien entre le ministre de la Santé, le premier Ministre et le chef de l’Etat, les rapports sont à couteaux tirés. En effet, alors que les députés, toutes tendances confondues, se sont émus hier par la voix du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, que le texte, en vertu de la procédure d’urgence, puisse ne plus être examiné par leurs soins, bien que profondément amendé par le Sénat, François Fillon et Nicolas Sarkozy ont fait preuve de magnanimité sur la question. Ils ont en effet indiqué qu’une nouvelle lecture par l’Assemblée nationale serait envisageable si le Sénat modifiait considérablement le projet de loi. Sur ce point, pourtant, ils n’auront apparemment pas retenu la position de Roselyne Bachelot qui s’est montrée plutôt défavorable à une telle option. « On ne change pas le texte, on le complète (…). Moi, ce que je constate c’est que les textes tels qu’ils apparaissent de la commission du Sénat sont tout à fait compatibles » avec l’esprit du vote de l’Assemblée nationale, a-t-elle en effet déclaré aujourd’hui.

Tout le monde dans la rue ou en grève aujourd’hui

On le voit, le conflit prend une tournure définitivement politique. Ce sera sans doute également l’impression qu’en donneront cette après-midi les défilés de professionnels de santé, qui en dépit des concessions apportées en début de semaine par le chef de l’Etat, sont attendus très nombreux dans la rue. En effet, le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDPH), lancé par plusieurs chefs de services des hôpitaux de Paris et soutenu par la plupart des syndicats a estimé que « même amendée, la loi Bachelot met en place un pouvoir vertical politisé » faisant référence à la nomination du directeur de l’hôpital par le chef de l’Agence régionale de Santé (ARS) lui-même mis en place par le ministre. En outre, au-delà du texte stricto sensu, les très larges appels à la mobilisation aujourd’hui sont destinés à témoigner du malaise général qui sévit à l’hôpital, lié notamment à la tarification à l’activité. Enfin, les médecins libéraux ont eux aussi appelé à agir aujourd’hui par des fermetures de cabinet ou en délivrant des soins gratuits, afin de mettre en garde Roselyne Bachelot contre un éventuel retour de la « taxe Bachelot » qui a été pourtant supprimée par les sénateurs. Cette mesure imposerait dans trois ans une contribution aux praticiens exerçant dans des zones « sur dotées » en offres de soins se refusant à prêter ponctuellement main forte à leurs confrères des régions désertées.

A.H.

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