Cancer du col : plusieurs HPV à haut risque oncogène sont plus dangereux qu’un seul !

L’infection persistante par un HPV à haut risque oncogène est considérée comme la cause principale du cancer du col utérin. Les génotypes à haut risque 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51 52, 58, etc. sont impliqués dans environ 95 % des cancers du col utérin mais l’on sait que ce sont les génotypes 16 et 18 qui jouent le rôle essentiel. Cependant en cas d’infection par plusieurs HPV à haut risque (HPVhr), il se pourrait que la persistance de l’infection et/ou les transformations oncogéniques dépendent des types de virus qui coexistent dans le col utérin. Les taux des infections multiples varient de 7 % à 44 %.

Cette étude rétrospective de cohorte effectuée en Suisse entre 2000 et 2003 a évalué l’impact clinique d’une infection par plusieurs HPV du col utérin, (y compris HPV 16) par rapport à celle d’une l’infection par HPV 16 seul. Elle a inclus 169 femmes HPV positives âgées de 17 à 70 ans (âge moyen=27 ans) qui ont été classées en trois groupes selon leur profil HPV : HPV 16 seul (N=74 ; 44 %), HPV 16 associé à des HPV de bas grade (N=27 ; 16 %) et HPV 16 associé à des HPV de haut grade (N=68 ; 40 %). La distribution des autres facteurs de risque était similaire dans les trois groupes. Des lésions ASCUS (Atypical squamous cells of undetermined significance) étaient présentes pour 9,5 % des femmes du groupe 1, 3,7 % du groupe 2 et 19,1 % du groupe 3. Des lésions de bas grade (LSIL) et de haut grade (HSIL) étaient détectées respectivement dans 60,8 % et 29,7 % des cas du groupe 1, dans 85,2 % et 11,1 % du groupe 2 et dans 67,7 % et 13,2 % du groupe 3. Une régression complète a été observée chez 26 % des femmes au 6ème  mois de suivi, 55,1 % au 12ème, 82,2 % au 24ème mois, et chez 95 % à plus de 24 mois. Cependant, 9 femmes présentaient des dysplasies persistantes après 24 mois de suivi malgré la prise en charge, dont trois pour chaque groupe. Les femmes ayant une infection HPV à HPV 16 associé à d’autres HPV à haut risque, présentaient plus souvent des progressions ou des stagnations des lésions, par rapport aux femmes des deux autres groupes (RR=1,39 à 6 mois ; RR= 2,10 à 12 mois et RR=1,82 à 24 mois).

En conclusion, les femmes présentant une infection HPVhr multiple (y compris à HPV 16) ont un risque accru d’évolution défavorable, et leur identification pourrait permettre une prise en charge adéquate de ces patientes. Le coût et l’efficacité d’une surveillance spécifique de ce groupe, particulièrement à haut risque, devraient êtres évalués dans d’autres études.

Dr Viola Polena

Référence
Cottier O et coll. : Clinical follow-up of women infected with human papillomavirus-16, either alone or with other human papillomavirus types: identification of different risk groups. Am J Obstet Gynecol. 2009; 200: 286.e1-6.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article