Le traitement des cancers du poumon non à petites cellules
(CPNPC) de Stade I (T1-T2, N0) repose essentiellement sur la
chirurgie et en cas de contre-indication opératoire, sur la
radiothérapie conventionnelle. Cette dernière a cependant des
résultats décevants (survie à 3 ans de 17 à 55 % et taux de
récidives locales de 6 à 70 %), ce qui incite à se tourner
vers d’autres alternatives.La radiofréquence, utilisée avec succès
depuis plusieurs années dans le traitement des métastases
hépatiques est l’une de celles-ci. Une étude récente rapporte les
résultats de cette approche dans le CPNPC
Elle a inclus 31 patients porteurs d’un CPNPC de Stade I (tumeur
périphérique ; 3cm de diamètre en moyenne) qui ont été
traités par RF. Certains avaient refusé l’intervention, d’autres
avaient une fonction respiratoire, des lésions cardiovasculaires ou
un statut OMS non compatibles avec une thoracotomie et une
exérèse.
Plus d’un sur deux avaient déjà été traités pour un cancer du
poumon.
La RF a été réalisée pour 2/3 des patients sous anesthésie
locale avec une sédation. L’électrode était mise sous contrôle TDM
et laissée en place une douzaine de minutes. Avant son retrait, on
vérifiait la présence d’une zone marginale péri-tumorale témoignant
de l’effet local et l’absence d’hémo-pneumo-thorax ou d’hémorragie
intra-parenchymateuse.
Les patients sont restés en observation pendant 24 heures et ont
été revus tous les 3 mois pour suivi et contrôles (EFR,TDM, PET
scan).
Aucun décès n’est survenu à 30 jours. Parmi les effets
secondaires on note des cas d’épanchement pleural (21 %), de
pneumopathie (16 %), de petite hémoptysie (16 %) et de pneumothorax
(13 %).
Prés de 1/3 des tumeurs traitées a progressé, le plus souvent
dans les 6 mois. Plus la tumeur est grosse, plus le risque de
récidive est important (< 2cm : 21 % ; > 3cm : 50 %).
Parmi les patients évolutifs, 1 a été opéré (!) 17 mois après la
RF, deux ont eu une radiothérapie conventionnelle et 3 une nouvelle
RF.
Vingt-trois des 31 patients sont en vie après un suivi moyen de
17+/-11mois, la survie globale à 2 et 3 ans est de 78 et 47 %
respectivement et la survie globale médiane de 30 mois.
La chirurgie est le traitement de référence des CPNPC. Mais un
tiers à peine des patients est opérable. Parmi ceux qui ne le sont
pas, certains ont de petits cancers qui peuvent bénéficier de la
radiofréquence. Elle est de réalisation simple, peu agressive, et
si un tiers des patients récidive, on estime qu’un sur 2 environ,
sera en vie sans progression à 3 ans.
Cette technique est adaptée pour les petites tumeurs
périphériques (et les métastases). Elle fait maintenant partie de
l’arsenal thérapeutique avec la radiothérapie conventionnelle et la
radiothérapie stéréotaxique (CyberKnife).
Dr Roland Charpentier
Lanuti M et coll. : Radiofrequency ablation for treatment of medically inoperable stage I non-small cell lung cancer. J Thorac
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