Dysfonctionnement érectile après prostatectomie : quelle prévalence ?

La survenue d’un dysfonctionnement érectile après prostatectomie (DEAP) a été l’objet de nombreuses études qui ne laissent guère de doute quant à la réalité de cette complication lourde de conséquences pour la qualité de vie, tout au moins chez certains patients. Il manque cependant des informations d’ordre épidémiologique essentielles comme la prévalence du DEAP ou encore les facteurs de risque correspondants. Une étude de cohorte prospective a inclus 246 sujets de sexe masculin atteints d’un  adénome prostatique qui a conduit à une prostatectomie soit à ciel ouvert, soit part résection transurétrale (RTU).

Il n’existait aucune lésion tumorale maligne avant ces interventions qui ont été réalisées entre décembre 2000 et décembre 2003. Le risque cardiaque a été évalué avant l’opération, selon les recommandations de l’American Heart Association et la fonction érectile appréciée à l’état basal et 6 mois plus tard. La version à 5 items de l’IIEF (International Index of Erectile Function) a été utilisée systématiquement pour juger de la sévérité du DE. La prévalence préopératoire de ce dernier a été prise en compte, ainsi que son incidence postopératoire, en fonction de l’acte chirurgical, soit  prostatectomie à ciel ouvert, soit RTU.

L’âge moyen au sein de cette cohorte était de 63,7+/-9,7 ans. La prévalence préopératoire du DE était respectivement de 24,6 % dans le groupe RTU et de 25,9 % dans le groupe intervention à ciel ouvert.  Chez les patients qui, avant l’intervention, ne souffraient que d’un DE léger ou non significatif, l’incidence post-opératoire d’une forme modérée ou sévère de ce dysfonctionnement a été estimée à 13,4 % en cas de RTU, versus 11,25 % en cas de chirurgie à ciel ouvert. Globalement, la prévalence du DEAP a, in fine, été estimée à 12,5 %.

Les facteurs de risque favorisant ce dernier ont été les suivants : hypertension artérielle, diabète, nécessité de transfusion multiples péri-opératoire,  risque cardiaque élevé et âge élevé voire très élevé.

Dr Philippe Tellier

Références
Soleimani M et coll. Erectile dysfunction after prostatectomy: An evaluation of the risk factors. Scand J Urol Nephrol 2009; 29: 1-5.

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Vos réactions (1)

  • Prostatectomie ou adénomectomie ?

    Le 02 juin 2009

    J'aimerais savoir les raisons qui ont motivé la prostatectomie chez des patients qui ne présentent pas d'affection maligne de la prostate. A moins que ce ne soit qu'un abus de langage de la part des auteurs en voulant parler d'une adénomectomie prostatique qui elle n'enlève que la partie malade de la prostate et laisse en place le reste du tissu prostatique indeme.

    Dr Moustapha Gueye
    chirurgien urologue

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