L’Académie de médecine brûle de colère contre les cabines de bronzage

Paris, le jeudi 28 mai 2009 – Le syndicat national des dermatologues (SNDV) organise depuis lundi et jusqu’à demain la 11ème semaine de prévention des cancers de la peau, avec en point d’orgue, une opération de dépistage gratuit ce jeudi 28 mai. Chaque année, cette manifestation s’applique à cibler une population en particulier. En 2009, ce sont les agriculteurs et les marins pêcheurs qui font l’objet d’une attention particulière de la part du SNDV. L’organisation rappelle en effet qu’il « est moins dangereux de s’exposer vingt jours par an en prenant des précautions que d’être exposé toute l’année comme c’est le cas de ces travailleurs », qui en outre ont rarement le réflexe de consulter régulièrement un dermatologue pour procéder à un examen de leurs grains de beauté.

Qui n’interdit pas, trompe sur les réels dangers

Si la sensibilisation des travailleurs exposés au soleil est au cœur de la campagne 2009, l’Académie nationale de médecine a souhaité attirer l’attention des pouvoirs publics sur une autre population à risque : les usagers des cabines de bronzage. Sans doute l’engouement non démenti pour « les marchands de soleil » contribue-t-il en effet pour une grande part à la progression des cancers de la peau observée dans notre pays. Dans un communiqué rendu public hier, l’institution rappelle ainsi que « le mélanome est l’une des tumeurs dont l’incidence a le plus augmenté ces vingt dernières années : sa fréquence a été multipliée par quatre chez les hommes et par trois chez les femmes ». Or, le refus du gouvernement d’adopter à l’encontre des cabines de bronzage une position ferme est directement pointé du doigt par l’Académie de médecine comme en partie responsable de cette évolution. Les sages observent en effet que la législation actuelle « laisse croire que, sous réserve d’une stricte observance des recommandations émises par les pouvoirs publics et d’un encadrement de cette activité par un personnel qui n’est formé qu’en quelques heures, l’usage des cabines émettant des rayons UV reste acceptable ». Il apparaît cependant que toutes les précautions du monde ne sauraient empêcher les rayons UVB et même UVA, diffusés par les appareils de bronzage, d’être dangereux pour la santé cutanée et ce avant même que la coloration de la peau souhaitée par l’utilisateur ne soit visible. En outre, l’Académie de médecine observe que mêmes ces recommandations insuffisantes « ne sont jamais respectées ». Pour l’institution, cette situation, couplée à l’absence de restriction de la publicité en faveur des « marchands de soleil », mérite l’engagement d’une nouvelle réflexion de la part des pouvoirs publics. La teneur du communiqué de l’Académie de médecine ne laisse d’ailleurs aucun doute sur ses souhaits quant au fruit de cette réflexion : l’interdiction des cabines de bronzage.

Les marchands de soleil pas si désobéissants

L’affirmation de l’Académie de médecine selon laquelle les « recommandations » sont toujours ignorées apparaît cependant devoir être nuancée au regard des résultats d’une récente enquête de la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). L’inspection de 1 066 établissements proposant des séances d’UV n’a en effet abouti à aucune fermeture, mais à 271 simples rappels à l’ordre, qui concernaient en particulier le défaut de contrôle technique des appareils et des publicités trompeuses.

Adeptes dès l’enfance des cabines de bronzage

Chaque année, 8 000 nouveaux cas de mélanome sont recensés dans notre pays et 1 500 décès liés à ce cancer sont déplorés. Le pic de mortalité s’observe chez les femmes de 25 à 29 ans, pour lesquelles ce cancer est une cause importante de décès. Ces observations semblent devoir être mises en parallèle avec les résultats d’une étude du Cancer Research Center du Royaume Uni, citée par l’Académie de médecine, qui indique que « 80 % des utilisatrices de cabines recourent à ce bronzage artificiel avant l’âge de 35 ans et que 9 % des jeunes filles de 11/17 ans l’ont déjà recherché ».

A.H.

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