Influence de la pression artérielle sur le risque de fibrillation auriculaire chez la femme

La fibrillation auriculaire (FA) est la plus courante des arythmies et sa prévalence au sein de la population générale ne cesse d’augmenter. Sa gravité est réelle, du fait de son association à des complications telles l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’insuffisance cardiaque, le décès, le dysfonctionnement cognitif ou encore la dégradation de la qualité de vie, cette liste n’étant pas exhaustive.

Le traitement de la FA installée et a fortiori chronique a une efficacité limitée, de sorte que sa prévention est indéniablement la stratégie la meilleure. La recherche des facteurs de risque modifiables doit, à cet égard, être encouragée. L’hypertension artérielle est actuellement considérée comme un facteur de risque indépendant des autres, mais son rôle exact et celui de sa prise en charge thérapeutique sont imparfaitement connus, notamment en fonction du sexe et de l’âge. La pression pulsée (PP) serait plus prédictive des risques que la PA systolique ou diastolique (PAS/PAD), mais il ne s’agit que d’une hypothèse. L’influence de la PAS/PAD sur  le risque de FA chez la femme d’âge moyen en bonne santé apparente a été l’objet de la présente étude de cohorte prospective dans laquelle ont été incluses 34 221 femmes participant toutes à la WHS (Women’s Health Study). Au cours d’un suivi de 12,4 années, 644 évènements à type de FA ont été dénombrés.

Les données ont été traitées au moyen du modèle des risques proportionnels de Cox en fonction des chiffres tensionnels mesurés à l’état basal. Il est ainsi apparu que le risque de FA à long terme était significativement augmenté dans toutes les catégories de PAS et de PAD, y compris en analyse multivariée avec ajustement en fonction des facteurs de confusion potentiels (p<0,0001). Cependant, c’est la PAS qui est apparue comme la variable la plus prédictive du risque de FA.

A titre d’exemple, en analyse multivariée, le risque relatif ajustée de FA a significativement augmenté en fonction des cinq  catégories de la PAS ( <120, 120 à 129, 130 à 139, 140 à 159, et > ou = 160  mm Hg), soit respectivement 1,00,  1,28,  1,56 et 2,74 (IC 95 % : 1,77 à 4,22) (p <0,0001). Pour ce qui est de la PAD, la même tendance a été observée quoiqu’elle soit un peu moins significative (p=0,004).

En bref, la PAS et la PAD semblent bien être des facteurs de risque quant à la survenue d’une FA chez la femme d’âge moyen, même quand les valeurs de ces paramètres sont dans l’intervalle de normalité, ceci indépendamment des autres variables prédictives.

Dr Catherine Watkins

Référence
Conen D et coll. : Influence of Systolic and Diastolic Blood Pressure on the Risk of Incident Atrial Fibrillation in Women Circulation 2009; 119: 2146-52.

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