Où dépister les femmes victimes de violences ? Chez le gynéco…

L’impact majeur de la violence sur la santé des femmes a été mis en évidence par plusieurs études. La violence augmente le niveau de stress, lequel est fortement associé à des troubles psychologiques et physiques. Il est important d’identifier les femmes qui subissent des violences et de les prendre en charge de façon appropriée. Le fait qu’une grande partie des femmes consultent dans les services de gynécologie-obstétrique constitue une grande opportunité pour dépister celles qui subissent des violences physiques, sexuelles ou psychologiques.

La prévalence de la violence physique, sexuelle et psychologique a été évaluée chez 424 femmes consécutives consultant dans une clinique de gynécologie psychosomatique pour des symptômes gynécologiques. Elles ont été suivies pendant une période de six ans. L’association entre la violence, la santé mentale et la symptomatologie gynécologique a été analysée.

Des violences ont été rapportés par 39,9 % des femmes : il s’agissait dans 25,2 % des cas de violences physiques, 13 % de violences sexuelles et 23,8 % de violences psychologiques ; 26,1 % des femmes avaient fait l’expérience de deux types de violence et 14,8 % de trois.

Selon différentes études précédentes, les douleurs pelviennes chroniques, la dysménorrhée, la dyspareunie, les anomalies de frottis, l’angoisse du cancer et les symptômes urinaires avaient été mentionnées plus fréquemment chez les femmes exposées à une violence domestique. Dans cette étude, les femmes ayant subi des violences sexuelles souffraient plus souvent de dyspareunie. Les troubles psychiatriques et les formes majeures de dépression étaient significativement plus fréquents chez les femmes ayant subi des violences que chez les autres (29,6 % vs 16,5 %).

La prévalence des différentes formes de violence envers les femmes est élevée dans cette étude. Cependant, le groupe de femmes analysées est particulier et les résultats de cette étude ne peuvent pas être extrapolés à la population générale.

Les femmes exposées aux violences souffrent plus fréquemment de symptômes gynécologiques et consultent plus souvent, et donc les symptômes gynécologiques chroniques pourraient servir de marqueur de la violence. Dans la plupart des cas, ni les médecins ni les femmes n’identifient la raison réelle des ces consultations fréquentes. Les femmes sont alors traitées de façon répétitive pour les mêmes symptômes, alors que la cause réelle n’est pas traitée. Les résultats de cette étude suggèrent que les femmes qui consultent dans les cliniques psychosomatiques devraient être interrogées (avec précaution) sur une éventuelle exposition à  la violence, quelle que soit la forme qu’elle revêt.

Dr Viola Polena

Référence
Leithner K et coll. Physical, sexual, and psychological violence in a gynaecological-psychosomatic outpatient sample: prevalence and implications for mental health. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2009; 144: 168-72.

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