HPST : la voie vers un élargissement de la sous-traitance industrielle des préparations magistrales ?

Paris, le mercredi 17 juin 2009 – Le souhait exprimé par certains d’élargir le cadre dans lequel est autorisée la sous-traitance des préparations magistrales réalisées soit au sein des officines, soit dans les pharmacies à usage intérieur (PUI) suscite depuis plusieurs années un sentiment d’inquiétude. Les syndicats représentant les pharmaciens hospitaliers ont ainsi fréquemment exprimé leur opposition à une « sous-traitance industrielle » des préparations. Ainsi, en 2006, répondant à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) à propos de la rédaction d’un document sur les bonnes pratiques de préparation à l’hôpital (BPPrH), le président du Syndicat national des pharmaciens praticiens hospitaliers et praticiens hospitaliers universitaires (SNPHPU), le professeur Philippe Arnaud écrivait : « N’adhérons pas à une sous-traitance des préparations magistrales conventionnelles signant la perte d’une notion essentielle de notre métier qui est la réalisation de préparations adaptées à chaque patient en l’absence d’alternatives thérapeutiques ». Ces mises en garde restent d’actualité pour l’organisation si l’on en croit un récent éditorial du docteur Jean-Luc Castaing sur le site du syndicat. Le texte de loi Hôpital patient santé territoire (HPST), qui a fait l’objet hier de son dernier examen parlementaire par la commission mixte paritaire, comprendrait en effet selon lui la validation du « principe d’une possible sous-traitance industrielle de certaines préparations ».  De fait, l’article 1bis du texte définitivement adopté par le Sénat propose : « Pour certaines catégories de préparations (chimiothérapie et nutrition parentérale, ndrl) une pharmacie à usage intérieur d'un établissement de santé peut confier, par un contrat écrit, la réalisation de préparations à un établissement pharmaceutique autorisé à fabriquer des médicaments. Ces préparations sont réalisées en conformité avec les bonnes pratiques ». Pour Jean-Luc Castaing qui ne peut s’empêcher de remarquer que cette disposition a été soutenue par un ministre de la santé docteur en pharmacie, cette mesure est ressentie comme une véritable trahison. Cependant, alors qu’a été récemment mis en évidence dans un rapport officiel le manque d’harmonisation européenne en matière de préparation magistrale et officinale, cette disposition pourrait être considérée comme une avancée dans ce sens. En effet, dans plusieurs pays d’Europe, le cadre réglementaire entourant les préparations est marqué par une plus grande place accordée à la sous-traitance.

A.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article