Intérêt de la cytologie extemporanée par empreintes sur le ganglion sentinelle dans le cancer du sein

Le statut ganglionnaire de l’aisselle étant un des facteurs pronostiques majeurs du cancer du sein (KS), ce sont les résultats de l’examen histologique du ganglion sentinelle (GS) qui commandent ou non la pratique du curage axillaire (CA). Toutefois, cet examen extemporané, quoique très sensible, entraîne une perte de tissu pouvant nuire à l’examen final ; de plus, il est chronophage. L’intérêt de la technique de la cytologie par empreintes (CE) est d’être à la fois sensible et spécifique, mais aussi rapide et de ne point gaspiller le tissu ganglionnaire.

Les auteurs utilisent la CE sur GS de façon systématique en pratique clinique depuis 1999 et depuis 2003, ils ont recours à la cytoponction des ganglions sous guidage échographique. Les GS sont recherchés à la fois par colorant et par traceur radioactif. Toutes les malades à CE positive bénéficient d’un CA, et aucune de celles à CE négative. Les CE sont réalisées par section du GS dans son axe longitudinal, le fragment frais étant alors apposé sur plusieurs lames en utilisant les dernières, les plus fines, avant coloration à l’hématoxyline-éosine ; les conclusions données en extemporané par le pathologiste guident l’acte chirurgical (CA ou non), les ganglions prélevés étant examinés au laboratoire.

Les résultats de cette approche sont rapportés pour 896 femmes (âge moyen 61 ans) porteuses de KS et n’ayant pas eu de chimiothérapie préalable. Au total, l’examen histologique définitif sur pièces fixées a mis en évidence 244 GS envahis (27 %). Sur ces 244 malades, la CE en a dépisté 177 (73 %), qui ont eu un CA immédiat. Dans 22 des cas restants, l’interprétation de la CE a été étiquetée « douteuse » et ces femmes ont aussi bénéficié d’un CA., qui s’est révélé positif dans 10 de ces 22 cas. Mais ces 22 cas ont été considérés comme négatifs pour le calcul de la sensibilité et de la spécificité de la CE, qui ont été respectivement de 73 et 100 % (pas de faux +).

Sur les 67 faux négatifs (en y incluant les 10 CE « douteuses »), 39 sont imputables à une erreur de prélèvement (des cellules malignes étaient présentes dans le GS mais pas sur la lame), 8 à des erreurs d’interprétation, 8 à des micrométastases dépistables seulement après fixation, et 2 pour des raisons non élucidées, ce qui donne quand même une précision de la CE de 92 %.

La cytologie par empreintes a ainsi évité à 1/3 des malades un deuxième temps opératoire mais il faut les prévenir de la fréquence des faux négatifs conduisant à ce deuxième geste.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Contractor K et coll. : Intra-operative imprint cytology for assessing the sentinel node in breast cancer.- Results of its routine use over 8 years. Eur J Surg Oncol., 2009; 35: 16-20.

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