Les sujets âgés victimes d’AVC ont moins souvent droit à l’excellence des soins

Après un accident ischémique transitoire (AIT) ou d’un accident vasculaire cérébral (AVC) mineur, le risque de récidive précoce (7ème jour) est élevé. Il concernerait au moins 10 % des patients, mais ce pourcentage augmente avec l’âge. Les services de neurologie orientés vers les urgences neurovasculaires (UNV) rapidement accessibles ont été conçus pour prévenir ces récidives, répondant en cela aux recommandations édictées par les sociétés savantes et approuvées par les autorités sanitaires. Idéalement, le bilan neurologique doit être fait dans les 24 heures, quand il s’agit d’un AIT ou d’un AVC à haut risque, ce délai pouvant être ramené à 7 jours face à des formes cliniques à faible risque. Ces recommandations ne sont pas  toujours suivies à la lettre et, au Royaume-Uni, 50 % des malades atteints d’un AVC ou d’un AIT se retrouvent dans des listes d’attente dépassant 14 jours, ce qui relève d’un non-sens thérapeutique. A ce titre, si l’on en croit les publications les plus récentes, les sujets âgés seraient les plus exposés à l’absence de prise en charge rapide de leur AIT ou de leur AVC, mais il existe quand même quelques discordances entre les résultats des études publiées.

Une étude transversale réalisée au Royaume-Uni, entre 2004 et 2006, a inclus 379 patients, tous examinés dans les plus brefs délais au sein d’un centre dédié aux UNV, du fait d’un accident supposé neurologique récent. Des informations sociodémographiques et cliniques ont été systématiquement colligées, en même temps que l’état des ressources et l’existence de mesures de prévention secondaire d’ores et déjà instaurées. Deux groupes ont été constitués en fonction de l’âge (respectivement < ou = 75 ans et > 75 ans). Le délai médian avant l’accès aux services d’UNV a été le même dans ces deux groupes.

Chez un patient sur trois (n=129 ; 34 %), le diagnostic d’AVC a été réfuté. Sur les 250 malades restants, 149 (60 %) étaient avaient au plus 75 ans. Chez les patients âgés ( > 75 ans), la fibrillation auriculaire s’est avérée moins fréquente (10,1 % versus 22,8 % ; p<0,001), à l’inverse de la prévalence des AVC lacunaires (34,7 % vs 22,1 %; p = 0,04).

La fréquence du recours à la tomodensitométrie cérébrale a été identique dans les 2 groupes (p=0,75), avec plus de rapidité chez les sujets plus jeunes (p<0,01).

L’IRM cérébrale a été utilisée plus souvent chez les sujets moins âgés (26 % vs 4 % ; p<0,01), de même que le doppler carotidien (92 % vs 77 % ; p<0,01). La prévention secondaire a été la même dans les deux groupes, mais les conseils hygiéno-diététiques ont été moins fréquemment dispensés aux patients âgés, qu’il s’agisse de la nécessité de perdre du poids (30,2 % vs 12,9 %, p<0,01) ou du régime  (46,3 % vs 31,7 % ; p=0,02).

En bref, les sujets âgés (>75 ans) victimes d’un AIT ou d’un AVC et examinés dans un centre dédié aux UNV bénéficient de moins d’attention que les patients plus jeunes, tant sur le plan diagnostique que thérapeutique… ce qui n’est pas médicalement justifié.

Dr Philippe Tellier

Référence
Kee YY et coll. Do older patients receive adequate stroke care? An experience of a neurovascular clinic. Postgraduate Medical Journal 2009; 85: 115-8.

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Vos réactions (1)

  • De quel âge s'agit-il ?

    Le 02 juillet 2009

    En tant que médecin traitant, connaissant le malade en face de moi, lorsque j'appelle le 15, que signifie le mot "âge" : celui de l'état civil (malheureusement seul pris en compte) ou celui des capacités physiques et cognitives antérieures ?
    L'évolution ultérieure est parfois très paradoxale ; l'absence ou la présence d'antécédents neurologiques, vasculaires, métaboliques ... n'influeront parfois même pas ou peu sur les séquelles à distance.
    Nos aînés ont donc droits aux mêmes égards.

    Dr Marie-Anne Durand-Fonvieille 21440 Saint Seine l'Abbaye

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