Les récidives de sigmoïdite seraient plutôt moins graves que le premier épisode

Après un premier épisode de sigmoïdite diverticulaire traitée médicalement, une récidive (RDS) survient dans 20 % des cas. Les directives sur le traitement optimal de la diverticulite aiguë (DA) sont contradictoires, et ce travail ne vise qu’à déterminer si les récidives ont une présentation et un pronostic différent des DA. Il s’est basé sur l’étude de tous les dossiers de malades ayant consulté entre 2001 et 2004, et dont le diagnostic avait été posé sur le scanner systématique (après double opacification, par un produit de contraste iodé IV et par un lavement opaque), et exclusion de ceux ayant subi une chirurgie colique ou porteurs de cancer du côlon associé. Les auteurs lausannois se sont particulièrement attachés à analyser les caractéristiques radiologiques (épaississement de la paroi colique, son siège, sa longueur, son volume, existence d’un abcès, d’un pneumopéritoine).

L’étude a porté sur 271 patients : 202 premiers épisodes et 69 récidives. Dans ce dernier groupe, 53 sujets avaient eu 2 épisodes, 13 en ont eu 3 et trois en ont eu 4 ou 5. Les 2 groupes étaient comparables sur le plan démographique, mais on a noté un peu plus de diffusion de gaz extra-coliques ou d’épanchements liquidiens dans le groupe DA. La proportion de malades requérant une intervention en urgence a aussi été plus élevée dans les DA primitives (16 %) que dans les RDS (6 %). En revanche, la colectomie idéale avec anastomose immédiate a été l’intervention la plus habituelle dans les DA, alors que 3 sur 4 des opérés pour RDS ont eu une intervention de Hartmann.

Le traitement médical a fait appel à des antibiotiques (amoxicilline + acide clavulanique ou ciprofloxacine + métrodinazole), les abcès localisés étant drainés sous guidage échographique. Il a eu le même taux de succès (90 %) dans les deux groupes, et la même proportion de malades a dû subir une chirurgie secondaire (décidée en cas d’échec du traitement médical après 24 heures).

La comparaison des malades présentant un 2ème et un 3ème épisode a montré que l’intervention a été nécessaire chez 7,5 % des premiers vs aucun des seconds.

Au total, la gravité est un peu plus marquée lors d’un premier épisode que lors des récidives, et ces dernières ont plus de chances de réagir au traitement médical.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Pittel O et coll. : Recurrent left colonic diverticulitis episodes: more severe than the initial diverticulitis? World J Surg., 2009 ; 33 : 547-52.

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