De la maladie de Crohn à la lithiase urinaire

La maladie de Crohn (MC) est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), segmentaire, souvent accompagnée de manifestations anopérinéales ou extra-digestives, d’origine inconnue, et touchant l’adulte jeune. Elle peut entraîner des complications urinaires, dont la plus fréquente est la lithiase urinaire oxalique. Les auteurs nippons retracent ici leur expérience de telles manifestations.

Sur 98 patients atteints de MC pris en charge, une lithiase urinaire (LU) a pu être éliminée formellement chez 59 d’entre eux et affirmer chez les 39 autres. Ces 2 groupes (NLU et LU) ont été comparés en termes d’âge, de sexe, de durée de la MC, d’iléostomies, du nombre et de l’étendue des résections intestinales, ainsi que du pH urinaire et, dans le groupe LU, ont été notés, la taille, le siège et la composition chimique des calculs.

Si le sexe et l’âge de début des troubles sont similaires dans les deux groupes, en revanche, le nombre de résections intestinales est un indiscutable facteur favorisant de LU ; ainsi, 5 patients (13 %) du groupe LU avaient-ils subi au moins 2 résections ; ce taux tombant à 3 % (n=2 patients) dans le groupe NLU. De même, on trouvait 7 porteurs d’iléostomies (18 %) dans le groupe LU vs  0 % dans le groupe NLU. Enfin, alors que 46 % seulement des malades sans lithiase avaient un pH urinaire ≤ 6, cette proportion atteignait 87 % en cas de LU. La coexistence d’une ou plusieurs résections intestinales, d’une  iléostomie et d’un pH urinaire acide accroît ainsi considérablement le risque de LU.

La lithiase s’est révélée le plus souvent (en moyenne 8 ans après le diagnostic de MC) par des coliques néphrétiques, parfois par une hématurie, ou une découverte radiologique fortuite. Les calculs pouvaient être rénaux, urétéraux ou vésicaux, voire urétraux.

La composition chimique des 16 calculs qui ont été examinés a révélé la présence d’oxalate de calcium isolé (n=9), d’un mélange d’oxalate et de phosphate (n=2) et d’urates, en règle radio-transparents (n=5).

Si une simple surveillance a résumé l’attitude thérapeutique chez 28 sujets, les 11 autres ont été traités par lithotritie extracorporelle ou transurétrale. Plusieurs d’entre eux ont néanmoins présenté des récidives calculeuses.

Pour diminuer l’incidence de complications urinaires, il est conseillé de soumettre les patients atteints d’une maladie de Crohn à des examens urinaires : pH, échographie et scanner abdominopelvien, surtout s’ils sont porteurs d’une iléostomie ou de résections intestinales multiples.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Ishii G et coll. : Clinical evaluation of urolithiasis in Crohn’s disease. International Journal of Urology 2009 ; 16 : 477-480.

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