La stimulation cérébrale dans l’infirmité motrice cérébrale ?

L’infirmité motrice cérébrale (IMC) se caractérise par des difficultés motrices, des mouvements et des postures anormales secondaire à des lésions cérébrales survenant au cours du développement. Cette affection très hétérogène est la cause la plus fréquente de handicap chez l’enfant. Dans 15 % des cas, les enfants présentent des mouvements choréo-athétosiques invalidants sans troubles cognitifs. Cette affection est le plus souvent en rapport avec une hypoxie ou ischémie cérébrale survenue chez le nouveau né à terme ou prématuré. La stimulation pallidale est une technique de neurostimulation cérébrale qui a montré son intérêt dans la dystonie primaire. Dans les dystonies secondaires, son efficacité apparaît plus aléatoire.

Une équipe française multicentrique vient de publier dans le Lancet Neurology les résultats d’une étude  prospective avec évaluation en aveugle réalisés chez des patients IMC avec une chorée-athéthose. Treize patients recrutés de septembre 2003 à mars 2006 ont été inclus dans cette étude. Ils avaient des mouvements invalidants touchant au moins une jambe et le tronc et d’autres segments du corps. Ils présentaient peu ou pas de signes de spasticité, une IRM avec peu d’anomalies, pas de troubles cognitifs ni psychiatriques. Leur âge variait de 20 à 44 ans. L’intensité de la dystonie a été évaluée avec l’échelle de Burke-Fahn-Marsden (BFM). Un an après la chirurgie, le score BFM s’est amélioré de 44,2 (déviation standard [DS]=21,1) à 34,7 (DS=21,9) (p=0 ,009). Il a été noté une amélioration significative des capacités fonctionnelles, de la douleur et de la qualité de vie liée à la santé mentale. La cognition et l’état thymique ne sont pas aggravés et il n’a pas été noté d’effets indésirables significatifs.

Le choix du site d’implantation est crucial et la cible optimale dans cette étude a été le globus pallidum interne postéro-latéro-ventral. Les auteurs restent cependant prudents et précisent bien que cette chirurgie ne doit pas être entreprise chez les patients avec des anomalies IRM et des troubles cognitifs.

Dr Christian Geny

Référence
Vidailhet M et coll. : Bilateral pallidal deep brain stimulation for the treatment of patients with dystonia-choreoathetosis cerebral palsy : a prospective pilot study. Lancet Neurol 2009 ; 8 : 709–17.

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Vos réactions (1)

  • Pour des enregistrements vidéos et vocaux

    Le 17 juillet 2009

    Poursuite du programme de lutte contre les mouvements anormaux ! Déjà les américains nous avaient proposé des interventions neurochirurgicales a minima afin de stimuler. Certes les cibles étaient différentes.
    Maintenant, compte-tenu des moyens de transmission à notre disposition, ne serait-il pas possible de diffuser des enregistrements vidéo & vocaux, avant-après afin de pouvoir juger comparativement.
    Il va sans dire que les sujets devraient se voir proposer les mêmes exercices, avant-après.
    Ainsi, serait-il plus facile d'apprécier les modifications de la gestuelle (du tronc & des membres), de la dysarthrie.

    Michel Gazeau, médecin retraité, CES-RRF avec spécialisation IMC.

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