Chirurgie ambulatoire de l’enfant : fini le jeûne post-opératoire ?

En chirurgie ambulatoire programmée, beaucoup d’enfants acceptent mal le jeûne qu’on leur impose après une anesthésie générale (AG), afin d’éviter des vomissements.

Une étude randomisée a comparé l’évolution immédiate de 2 groupes d’enfants à bas risque qui avaient principalement subi des actes urologiques sous AG (cystoscopie, circoncision, orchidopexie, anastomose vésico-urétérale). Dans le premier groupe, les enfants devaient jeûner pendant 6 heures (n=69) et dans le second, ils pouvaient s’alimenter dès leur réveil (n=78).

Les enfants des deux groupes avaient un âge et un poids moyens similaires (environ 5 ans et 20 kg respectivement) et ils n’ont pas reçu de traitement anti-émétique à titre préventif.

Dans les faits, les enfants du groupe « en alimentation libre » ont bu pour la première fois moins de 2 heures après l’extubation (108 minutes exactement), et ont mangé pour la première fois 4,5 h après l’extubation, soit environ 4 h et 2,5 h respectivement avant les enfants de l’autre groupe.

Bien que précoce (en moyenne), l’alimentation libre n’a pas fait augmenter l’incidence des vomissements (15 % versus 22 % en cas de jeûne de 6 h ; p=0,40), ni leur fréquence par enfant vomisseur (2 à 3 dans les deux cas) au cours des 12 heures suivant l’extubation.

L’attitude permissive a présenté deux avantages : les enfants qui en ont bénéficié paraissaient plus « heureux » d’après une échelle de visages (p <0,001) et leurs parents estimaient qu’ils avaient moins souffert de douleurs (p <0,001).

Malgré des points faibles (absence d’insu et subjectivité des critères de jugement secondaires), cette étude suggère qu’une alimentation libre de l’enfant après une intervention sous AG n’est pas inférieure à un jeûne de 4-6 heures en ce qui concerne les vomissements post-opératoires. Il est vraisemblable que les enfants libres de s’alimenter, mais qui se sentent nauséeux, ne réclament pas à boire ou à manger. L’attitude permissive semble également associée à une diminution des douleurs post-opératoires.

Au total, cette attitude pourrait autoriser un retour plus rapide au domicile mais elle est bien sûr limitée à la chirurgie ambulatoire programmée sans effraction péritonéale, chez des enfants à bas risque (classes ASA I-II).

Dr Jean-Marc Retbi

Référence
Radke OC et coll. : The effect of postoperative fasting on vomiting in children and their assessment of pain. Pediatr Anesthesia 2009 ; 19 : 494-499.

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