Wheezing chez l’enfant : il est rare de découvrir une pneumonie à la radio !

La pratique d’une radiographie (RX) du thorax chez tout enfant qui présente des sifflements audibles est motivée par la crainte de méconnaître une pneumonie sous-jacente, mais elle est contestée. B Mathews et coll. se sont demandés si certains signes cliniques ne permettaient pas de prédire la pneumonie, et donc de limiter l’indication de la RX.

Leur étude prospective a inclus sur un an 526 « enfants siffleurs » de moins de 21 ans, vus au service des urgences d’un hôpital et qui avaient passé une RX du thorax.

La moitié d’entre eux (51 %) avait moins de 2 ans. La majorité (56 %) était des garçons. Près de la moitié (47 %) avaient des antécédents de wheezing.
Une hospitalisation a été nécessaire dans 36 % des cas.

La RX du thorax a eu un rendement un peu inférieur à 5 %. Elle n’a révélé une pneumonie que chez 26 patients (4,9 %) : un infiltrat unique (n=12), une opacité lobaire (6), plusieurs infiltrats (5), une opacité lobaire avec épanchement pleural (2), ou des opacités de plusieurs lobes (1).

Les trois éléments cliniques prédictifs d’une pneumonie radiologique étaient la fièvre, des douleurs abdominales et une désaturation. En revanche, la tachypnée et les signes physiques en foyer ne permettaient pas de prédire une pneumonie.

La fièvre (température > ou = 38°C) augmentait la probabilité de pneumonie radiologique, qu’elle ait été constatée à la maison (Rapport de Vraisemblance positif=1,39 ; Intervalle de confiance 95  % : 1,13-1,70 ; p=0,02), lors du tri (RV=2,03 ; IC 95 % : 1,34-3,07 ; p=0,01), ou dans le service des urgences (RV=1,92 ; IC 95 % : 1,48-2,49 ; p=0,001).

Par comparaison avec les températures plus basses, une température > ou =  39°C était associée à un risque de pneumonie multiplié par 5 (Risque relatif=4,96 ; IC 95 % : 2,36-10,40).

Les douleurs abdominales étaient plus fréquentes chez les patients avec pneumonie que chez les patients sans pneumonie (15 % vs 5 % ; RV positif=2,85 ; IC 95 % : 1,08-7,54 ; p=0,06).

Une SaO2 <92 % lors du tri était plus fréquente chez les patients avec pneumonie que chez les patients sans pneumonie (15 % vs 5 % ; RV positif=3,06 ; IC 95 % : 1,15-8,16 ; p=0,05).

Seulement 2,2 % des enfants apyrétiques (température <38°C) présentaient une pneumonie sur la RX du thorax.

Au total, la découverte d’une pneumonie radiologique est rare en l’absence de fièvre (~2 %). Les auteurs dissuadent de pratiquer une RX du thorax chez les enfants siffleurs vus aux urgences d’un hôpital s’ils sont apyrétiques.

On pourrait dire plus exactement qu’une pneumonie radiologique est un évènement plus rare en l’absence qu’en présence de fièvre. Avant de se ranger à l’avis des auteurs, il serait utile d’évaluer les conséquences pour l’enfant d’une pneumonie méconnue, ce que l’étude ne précise pas.

Dr Jean-Marc Retbi

Référence
Mathews B et coll. : Clinical predictors of pneumonia among children with wheezing. Pediatrics 2009 ; 124 : e29-e36

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Vos réactions (1)

  • Quid des CE inhalés?

    Le 12 août 2009

    Difficile de ne pas pratiquer une radio chez un enfant de moins de 2 ans qui présente un wheezing dans un service d'urgences au vu de la rareté du syndrome de pénétration...

    J. Gaubert

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