Le Pet-scan est-il fiable pour explorer un cancer du poumon ?

Le Pet-scan est couramment utilisé dans le bilan des cancers pulmonaires. Il sert surtout à étudier l’extension ganglionnaire médiastinale et la présence de métastases extra-thoraciques.

Pour l’étude du médiastin, certains le considèrent suffisamment fiable pour s’affranchir d’autres examens, quand d’autres le jugent trop imprécis pour se passer d’une exploration médiastinale. Une étude récente (1) repose le problème de l’utilité et de la fiabilité de cet examen dans le bilan médiastinal des cancers pulmonaires non à petites cellules (CPNPC).

Ce travail a été conduit entre Juin 2006 et Janvier 2008 chez 200 patients qui ont tous bénéficié d’un scanner et d’un Pet-scan (PetCT). Tous les patients étaient opérables et ils ont tous été programmés pour une médiastinoscopie (que 14 d’entre eux n’ont pas eue en raison d’antécédents de chirurgie cervicale).

Les résultats montrent que 15 patients (8 %) avaient un envahissement ganglionnaire (donné – au PetCT) alors que 20 (11 %) n’en avaient aucun (donné + au PetCT) ; ce qui correspond à 19 % de résultats incorrects.

Sur le résultat histologique définitif, le PetCT n’a donné une stadification correcte que pour 49,5 % des patients (n=99/200) ; 59 patients ont été sous évalués (29,5 %)  et 42 sur évalués (21%).

Les auteurs en déduisent que pour la détermination de l’atteinte ganglionnaire médiastinale ipsilatérale (N2) la spécificité du PetCT est de 51 % et sa sensibilité de 83 %. Le taux de faux positifs est de 17 % et la valeur prédictive positive (VPP) de 41 %. Le taux de faux négatifs de 48 % et la valeur prédictive négative (VPN) de 12 % !

Ils en concluent qu’une exploration médiastinale systématique est nécessaire.

Ces résultats diffèrent sensiblement de ce qui a déjà été publié (2,3). En effet, le taux de faux positifs pour le PetCT était estimé à 15-20 % avec une VPP de 43 %, et le taux de faux négatifs < à 10 % avec une VPN de 93 %.

Cela est probablement dû, comme le soulignent les auteurs, à l’hétérogénéité de la réalisation et de l’interprétation des scanners et des PetCT ainsi qu’à la grande variabilité des valeurs de captation du traceur (SUV).

Ces résultats curieux (surtout pour les faux négatifs et la VPN) ne remettent pas en cause ce qui est admis. A savoir une exploration médiastinale (par médiastinoscopie ou vidéothoracoscopie) pour tous les PetCT positifs (pour ne pas récuser des patients potentiellement curables sur la base d’un faux positif N2) et une abstention pour les PetCT négatifs qui peuvent être opérés d’emblée.

Dr Roland Charpentier

Références
(1) Carnochan FM et Walker WS : Positron emission tomoraphy may underestimate the extent of thoracic disease in lung cancer patients. European Journal of Cardio-thoracic Surgery 35 2009 ; 781-785.
(2) Zerbib E : Place de la TEP dans le bilan préopératoire des cancers broncho-pulmonaires.
La Lettre du Cancérologue. N°20- Tome 4- Décembre 2007.
(3) Depierre A : Cancers broncho-pulmonaires. Mise au point. John Libbey Editeur. 2006.

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