La taille du pantalon, un indicateur du risque de cancer !

Des études récentes ayant suggéré que la taille des vêtements serait un bon indicateur de l’adiposité et pourrait être utilisée en épidémiologie comme substitut de l’obésité et de la graisse abdominale, des auteurs néerlandais ont cherché à savoir si la taille vestimentaire était prédictive de la survenue de maladies associées au poids, notamment de cancers.

Pour ce faire, L.A.E. Hughes et coll. ont analysé au sein de la Netherlands Cohort Study (NCS), les liens entre taille des habits et survenue chez les femmes d’un cancer de l’endomètre, et chez les hommes d’un cancer du rein. La NCS est vaste étude prospective mise en œuvre aux Pays-Bas en 1986, visant notamment à évaluer la relation entre alimentation et cancer.

L’analyse, menée au bout d’un suivi de 13,3 ans, avec et sans ajout de l’indice de masse corporelle (IMC) au modèle d’analyse, a porté sur une sous-cohorte de sujets dont le poids est resté stable entre l’entrée dans l’étude (1986) et la consultation de suivi de 1992, et dont les données auto-rapportées de tour de taille, de tour de hanche, de tailles de jupe et de pantalon étaient complètes.

Elle a inclus 1 158 hommes, âgés en moyennes de 61,1 ans (54-70 ans), et 1 334 femmes, de 61,3 ans d’âge moyen (54-70 ans). L’IMC moyen des hommes était de 24,8 (17,6-37), leur tour de taille moyen de 95,2 cm (51-128 cm), leur tour de hanche moyen de 101 cm (49-131 cm), leur taille moyenne de pantalon, aux Pays-Bas, de 51,7 (40-65), leur taille moyenne de chemise 40,6 (30-58). Les chiffres correspondants dans la population féminine étaient respectivement de 24,8 (16,8-40,7), 88,1 cm (47-129 cm), 104,1 cm (54-142 cm), 43,3 (36-54) pour la taille de jupe et 42,8 (36-54) pour celle des chemisiers.

Cette population d’étude comptait 297 cas de cancer de l’endomètre et 195 cas de cancer du rein.

Des ajustements ont été effectués sur de nombreux facteurs potentiels de confusion dont l’âge, le tabagisme, les apports énergétiques totaux, l’activité physique, et, dans la population féminine, l’âge aux premières règles et à la ménopause, la prise de contraceptifs oraux.

La taille de la jupe s’est avérée prédictive du risque de cancer de l’endomètre chez les femmes des catégories de tailles les plus grandes : 46-48 (RR [risque relatif]=1,60 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] entre 1,12 et 2,29) et au-dessus de 50 (RR=5,38 ; IC95 entre 2,97 et 9,71), en comparaison de la taille 42, avec une atténuation des associations lorsque l’IMC était ajouté au modèle d’analyse.

La taille du pantalon, dans la population masculine, était prédictive du risque de cancer du rein (1,63 ; 0,93-2,84 pour les tailles dépassant 56, en comparaison des 50-51), que l’IMC soit ou non ajouté au modèle.

Cette étude, où les tailles auto-rapportées de jupe et de pantalon étaient bien corrélées au tour de taille et de hanche, chez les femmes et chez les hommes, suggère que la taille de ces vêtements pourrait être utilisée comme indicateur prédictif du risque de cancer.

Dr Julie Perrot

Référence
Hughes LAE et coll. : Self-reported clothing size as a proxy measure for body size. Epidemiology 2009. Publication en ligne le 15 mai 2009.

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