Dasatinib dans la LMC en phase accélérée après résistance à l’imatinib : résultats de START-A

Le dasatinib possède l’autorisation de mise sur le marché dans la LMC en phase accélérée après résistance ou intolérance à l’imatinib à la posologie de 70 mgx2/j. Ici, les résultats de l’essai de phase II START-A, qui a conduit à l’AMM, sont publiés après analyse complète des résultats sur la cohorte des 174 patients inclus avec un suivi médian de 14 mois. Une première publication en 2007 avait rapporté les résultats initiaux sur 107 patients avec un suivi de 8 mois.

L’objectif primaire n’était pas très ambitieux puisqu’il s’agissait de mesurer le taux de réponses hématologiques majeures et complètes. Les critères d’accélération étaient ceux choisis dans les recommandations ELN2006. Un total de 174 patients a donc été inclus, d’âge médian de 57 ans (22-86), la majorité des patients étaient résistants à l’imatinib (n=161), la durée médiane d’évolution de la maladie avant le dasatinib était très longue (82 mois). Plus de la moitié des patients avaient reçu l’imatinib pendant au moins 3 ans et presque tous avaient eu une augmentation de dose d’imatinib à plus de 600 mg/j. Les résultats sont présentés avec une durée médiane de suivi de 14 mois et une durée médiane de traitement par dasatinib de 13,5 mois (0,1-21,7).

Le taux de réponses hématologiques majeures (RHMaj) était de 64 % (n=11) incluant 74 patients avec une réponse hématologique complète (RHC, 45 %). Le taux de réponses cytogénétiques majeures (RCMaj) était de 39 % incluant les réponses cytogénétiques complètes (RCC) à 32 %. Les RHMaj et les RCMaj étaient obtenues en général dans un délai de 2 mois de traitement. La stabilité des RHMaj et RCmaj était notable, mais le suivi reste court, avec n=18 pertes de RHMaj sur 111 et 9 pertes de RCMaj sur 67 dans les 14 mois de suivi médian.

A l’inclusion, plus de la moitié des patients étaient porteurs de mutations de Bcr-Abl. Il n’est donné aucune information sur le statut cytogénétique : anomalies clonales surajoutées, type …

Malheureusement, l’analyse des réponses selon le statut mutationnel est succincte ; il est dit qu’il n’y a pas de différences selon le statut mutationnel, pourtant il semble qu’en cas de mutation de la boucle P, les taux de réponse semblent un peu plus faibles (effectifs trop faibles pour des comparaisons statistiques de sous-groupes). Bien sûr les patients avec mutation T315I et F317L n’ont pas répondu. Il est dommage que ces résultats ne soient pas plus détaillés (peut être dans une autre publication ?) car finalement ce sont ce type de résultats détaillés qui guident le plus les cliniciens lors d’un changement d’inhibiteur de tyrosine kinase pour résistance. A 12 mois, la survie globale et la survie sans progression étaient respectivement de 82 et 66 %.

Les cytopénies de grade 3 et 4 ont été extrêmement fréquentes, de 76 % pour les neutropénies et 82 % pour les thrombocytopénies. Des épanchements pleuraux sont survenus dans 27 % des cas, heureusement de grade 3 ou 4 dans seulement 5 % des cas. La posologie du dasatinib a dû être diminuée chez 65 % des patients, le plus souvent pour cause de toxicité et 85 % des patients ont eu des interruptions thérapeutiques. Au final, les doses médianes réellement reçues étaient entre 110 et 120 mg/j. Et si, comme en phase chronique, la dose de 100 mg suffisait ? A voir dans un autre essai ?

Au total, des taux de réponses non négligeables dans une population de patients graves. Quant à dire que les réponses sont durables, certes mais sur une période courte. On aimerait savoir dans le futur quels est le devenir des patients à long terme (au moins 5 ans … ), et combien peuvent échapper à l’allogreffe … ou au décès par progression.

Dr Delphine Rea

Référence
Apperley J et coll. : Dasatinib in the treatment of chronic myeloid leukemia in accelerated phase after imatinib failure: the START-A trial. J Clin Oncol 2009 ; 27 : 3472-3479.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article