Le Havre et Bordeaux : « errare humanum est » pour un syndicat infirmier

Paris, le 17 août 2009. Les syndicats d’infirmiers réagissent après les interdictions d’exercer successives prononcées la semaine dernière à l’encontre de deux infirmières, l’une au Havre, l’autre à Bordeaux. Cette dernière a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire pour « homicide involontaire ». (Cf. Le monde médical dans la tourmente).
Pour le Syndicat national des Professionnels infirmiers (SNPI), « c’est une cruelle façon pour le public de réaliser le très haut niveau de responsabilité qu’ont chaque jour les 500 000 infirmières qui travaillent en France ». Il poursuit : «  Nous sommes des êtres humains, et l’erreur est humaine. Nous exerçons une profession à haut risque, et nous portons la plus grande responsabilité qui soit : celle de la vie d’autrui ».

Le Syndicat explique ne pas comprendre pourquoi  leur collègue de Bordeaux a fait l’objet d’une garde à vue, une procédure destinée à leurs yeux à faire avouer un coupable, « or notre collègue a avoué dès qu’elle a réalisé son erreur dramatique ».  Le SNPI poursuit : « La garde à vue est en soi une pression psychologique : longue, incertaine quant à sa durée, son issue et son déroulement. Ce stress d’une garde à vue est voulu et entretenu dans le but de déstabiliser les suspects : en quoi de telles pratiques d’intimidations sont utiles à la justice dans cette affaire ? Nous avions déjà dénoncé de telles méthodes lors de l’affaire de Saint Vincent de Paul à Noël ».

Dans un communiqué intitulé « Le dur métier d’infirmière », Infirmiers.com, « le site de la profession infirmier(e) », tempère le point du vue du SNPI en disant que « dans un des deux cas, il est clair pour tous que ce n’est pas un manque de personnel montrant par là que chaque infirmière doit être consciente des risques qu’elle prend à tout moment et en toutes circonstances ». Le site ajoute : « L’erreur humaine est toujours possible » (« errare humanum est »).

« Point de rupture » pendant les vacances scolaires

Le SNPI invoque une « dégradation des conditions de travail » avec les plans d’économie qui se succèdent dans les établissements et la tarification à l’activité qui fait qu’ « aujourd’hui, la logique du rendement prime sur l’aspect humain ». Selon le syndicat, « l’effectif normal est pratiquement semblable à l’effectif minimum du week-end, les repos dus s’accumulent, et lors des vacances scolaires nous atteignons le point de rupture ». 

Le Syndicat invite les infirmier(e)s qui ne l’auraient pas encore fait à souscrire une assurance « responsabilité civile professionnelle » et à « remplir une fiche d’alerte lors de chaque situation difficile pour prévenir par écrit l’administrateur de garde, et les élus du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) d’une situation dangereuse ».

Le SNPI souhaite également constituer une « banque de données » sur des présentations et étiquettes de médicaments qui majorent le risque d’erreur et invite donc les infirmier(e)s à lui « indiquer les présentations médicamenteuses source de confusion ». 

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