Cancer du sein bilatéral et cancer du sein des jumelles : des risques pas vraiment pairs

Les facteurs génétiques sont au premier plan des facteurs de risque du cancer du sein (KS) et les gènes BRCA1 et BRCA2 n’en représentent qu’un modeste exemple. On sait également que le risque de cancer du sein bilatéral (KSB) est élevé si un autre membre de la famille en est atteint. Il en est de même chez les jumelles, surtout monozygotes, où la survenue d’un KS chez l’une doit le faire redouter et rechercher chez l’autre. Ces 2 derniers cas de figure sont d’ailleurs comparables, car la femme qui développe un KSB est génétiquement identique à elle-même, au même titre que les jumelles monozygotes le sont entre elles.

L’examen du registre scandinave (Suède, Danemark, Finlande) a permis de trouver 2 499 jumelles dont l’une au moins était atteinte d’un KS. Par ailleurs, ont été identifiées 93 448 femmes ayant un KS en Suède, et dont l’arbre généalogique était connu ; ce qui a permis d’évaluer le risque de KSB. Seuls les cancers infiltrants ont été retenus. Sur les 2 499 jumelles, 855  étaient monozygotes. Parmi les 93 448 KS identifiés, 4 872 étaient bilatéraux, dont 4 429 en l’absence d’antécédent familial et 443 avec des antécédents familiaux.

Le taux global d’incidence de KS par an en Suède est de 0,09 %. Et ce taux est, selon cette étude, de 0,44 % chez la jumelle bivitelline (fausse jumelle) d’une patiente atteinte de cancer du sein, de 0,64 % chez la jumelles monozygote. Le risque de KSB est de 0,68 % par an en l’absence d’antécédent de KSB familial, et de 1,03 % en cas de KSB familial (soit 11 fois plus que dans la population générale).

Après 20 ans de surveillance de la sœur d’une jumelle atteinte de KS, le risque cumulé de survenue de KS chez elle apparaît être de 14 % pour une vraie et de 9 % pour une fausse jumelle. Sur la même période, le risque de survenue d’un KSB après un 1er KS est de 11 % en l’absence d’antécédents familiaux et de 18 % s’ils existent.

Le risque d’atteinte du sein controlatéral est multiplié par 1,5 chez les femmes atteintes de KS et ayant des antécédents familiaux de KSB (vs absence de tels antécédents), alors que la jumelle monozygote d’une patiente atteinte a un risque (non significatif) multiplié par 1,21 seulement d’avoir un KS (par rapport au risque de KS sporadique), et la jumelle bivitelline a un risque même diminué (facteur 0,75).

Enfin, l’atteinte du second sein ou l’atteinte de l’autre jumelle n’est pas apparu influencé ni par l’âge, ni par le délai écoulé depuis le diagnostic du premier cancer.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Hartman M et coll. : Breast cancer onset in twins and women with bilateral disease. J Clin Oncol., 2008; 26: 4086-4091.

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