Traumatisme crâniens chez l’enfant : « bénins » dans 90 % des cas ?

Les traumatismes crâniens (TC) exposent au risque de séquelles neurologiques et même les plus bénins peuvent entraîner des troubles cognitifs et comportementaux. La prévalence estimée des TC chez l’enfant est de 219 à 345/100 000/an mais beaucoup d’études ne tiennent pas compte des formes les moins sévères, ne nécessitant pas d’hospitalisation. Afin d’apporter davantage d’éléments, une étude rétrospective a été conduite à Melbourne sur 2004,  à partir de données informatiques codant l’ensemble des TC. Des protocoles étaient utilisés en ce qui concerne la conduite à tenir en fonction de la gravité (bénigne, modérée ou sévère), basés sur la clinique, les indications d’une mise en observation, du scanner et des interventions neurochirurgicales.

Au total, 1 115 cas ont été identifiés : 1 089 vus aux urgences hospitalières, 26 admis directement en soins intensifs et 2 décédés en réanimation. En fonction de la sévérité, 89,1 % des TC ont été classés bénins, 7,9 % modérés et 3 % graves. Sur 54 233 consultations toutes causes confondues, l’incidence des TC a été de 2008/100 000 enfants dont 1 835 bénins, 159 modérés et 31 sévères.

Les enfants de moins de 1 an représentaient 16,5 % des cas et ceux de moins de 3 ans 49,1 % ; 63,4 % étaient des garçons mais cette prédominance masculine n’apparaissait qu’au-delà de 2 ans. Les deux tiers des accidents étaient survenus après 15 heures et le tiers le week-end. La majorité des TC avait eu lieu l’automne et l’été, à la maison (57 %), plus rarement sur la voie publique (13 %), à l’école (9 %), les terrains sportifs (7,7 %) ou les aires de jeux (5,7 %). Les causes des TC différaient selon l’âge. Avant 2 ans, les chutes d’un lit, table à langer ou autres et les chutes des bras représentaient prés de 3 cas sur 4 ; chez les enfants d’âge scolaire, les sports prés de la moitié et les accidents de transport environ 5 %.

Au total, 32,1 % des enfants ont été admis pour observation même brève, ou traitement, 69,5 % d’entre eux ayant un TC bénin. Des examens radiologiques ont été pratiqués dans 21,1 % des cas dont 63,8 % des TC bénins. Pour 67 % des enfants, les résultats étaient normaux ( 83,3 % des TC bénins). Les anomalies observées étaient des fractures du crâne (18,6 %), des contusions (1,5 %), des hémorragie sous durales (6,2 %), extra durales (1,1 %) et œdème cérébral (0,5 %). Au total, 2,7 % des enfants ont été opérés : 0,4 % pour intervention sur une plaie, les autres en neurochirurgie. Ces derniers ont subi craniotomie et évacuation d’hématome (38,5 %), réduction de fracture du crâne (23,1 %), mise en place d’un drainage (19,2 %).

Ces différentes données montrent d’une part, que la plupart des causes de TC de l’enfant sont facilement évitables et d’autre part que les TC bénins donnent encore trop souvent lieu à des admissions hospitalières et la réalisation de scanners.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Crowe L et coll. The epidemiology of paediatric head injuries : Data from a referral centre in Victoria, Australia. J Paediatr Child Health 2009;45:346-50

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