> Accueil JIM > Circoncision, VIH et IST : les données de l’été

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Circoncision, VIH et IST : les données de l’été

Publié le 10/09/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’événement, repris par tous les media y compris le nôtre, avait en son temps suscité bien des réactions : à la suite de recherches menées entre 2005 et 2007 au Kenya, en Afrique du Sud et en Ouganda, laissant penser que la circoncision pourrait réduire le risque de transmission du VIH, l’OMS en incluait la pratique dans les mesures préventives qu’elle préconisait dans les pays à forte prévalence. Une décision rapidement contestée par d’autres experts, dont ceux du Conseil national du Sida, qui craignaient que la propagation de l’infection soit favorisée par un relâchement des comportements dû à un faux sentiment de sécurité…

Deux nouvelles études viennent, cet été, enrichir un débat qui n’a jamais été abandonné. La première, publiée dans le Lancet en juillet, a montré que la circoncision d’un homme séropositif ne diminue pas le risque de transmission du VIH à ses partenaires féminines. La seconde, le mois dernier dans le JID, a évalué l’incidence des Infections sexuellement transmises (IST) chez des hommes âgés de 18 à 24 ans enrôlés dans un essai destiné, justement, à préciser l’effet protecteur de la circoncision. Une essai à fort rationnel car nombreux sont ceux qui sont persuadés, sur la base de plusieurs études observationnelles et même d’une méta analyse de référence, que la circoncision réduit le risque d’IST. Ils en resteront, pour le coup, sur leurs espoirs déçus : dans ce travail réalisé à Kisumu, Kenya, incluant 342 infections pour 2 655 hommes suivis pendant deux ans, l’incidence des infections à Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis ou Trichomonas vaginalis, de 3, 48 , 4,55 et 1,32 pour 100 personnes-année, ne variait pas en fonction du statut face à la circoncision mais en fonction d’autres facteurs, comme les habitudes et comportements sexuels ou l’utilisation du sempiternel condom. En clair, la circoncision n’apparaissait d’aucune utilité pour les 3 IST testées.

Inutile, alors, la circoncision ? N’allons pas trop vite, car tout semble (évidemment) dépendre de ce qu’on en attend. Aujourd’hui encore, tout article sur le sujet, à l’instar de celui de SD Mehta, commence par un rappel que l’OMS préconise le geste dans ses stratégies préventives de l’infection VIH, quelles que soient les réticences qui persistent. L’étude présentée ici possède ses propres limites, et en premier lieu celle des IST choisies : la méta analyse de référence un peu abusivement citée plus haut relevait effectivement une forte diminution de la transmission… de la syphilis et des chancres à Haemophilus ducreyi; en outre un autre essai, Ougandais lui aussi, avait retrouvé une incidence d’ulcères génitaux réduite de presque moitié chez les circoncis. Tout dépendrait donc de l’IST, ulcérative ou non ; et même dans le second cas, une protection pourrait en découler, non pour l’homme mais pour ses partenaires féminines (Castellsagué et al, 2005). On voit que le débat est loin d’être clos.



Dr Jack Breuil


Mehta SD et coll. : Adult male circumcision does not reduce the risk of incident Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis, or Trichomonas vaginalis infection: results from a randomized, controlled trial in Kenya. J of Infect Dis., 2009; 200; 370-378




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions