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Facteur VII recombinant dans le traitement des hémoptysies massives au cours de la mucoviscidose

Publié le 15/09/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les patients atteints de mucoviscidose peuvent présenter des hémoptysies, qui dans 4 à 6 % des cas sont massives (> 240ml) et mettent en jeu le pronostic vital. Elles sont liées à l’hypervascularisation, par le réseau artériel bronchique provenant de l’aorte, des régions pulmonaires chroniquement inflammatoires et surinfectées. La prise en charge de ces saignements varie en fonction de leur gravité : traitement conservateur médical, embolisation des artères bronchiques concernées, ou chirurgie (lobectomie si nécessaire).

Une autre alternative pourrait être de recourir au facteur VII recombinant (F7R), initialement indiqué pour contrôler les hémorragies chez les hémophiles immunisés, et dont l’utilisation s’est ensuite étendue au traitement d’hémorragies intracrâniennes, gastro-intestinales ou gynécologiques.

Dans un hôpital de Sidney, le F7R a été employé pour traiter des hémoptysies massives (entre 600 et 1 300 ml) chez 4 patients atteints de mucoviscidose, et dont le taux de plaquettes et l’INR étaient normaux. Certains d’entre eux avaient déjà bénéficié d’embolisations au niveau d’artères bronchiques pour hémoptysies massives au cours des années précédentes. Les doses de F7R ont varié de 90 microgr/kg (une dose) à 240 microgr/kg  (2 doses de 120 microgr/kg  à 4 h d’intervalle). Dans tous les cas l’hémoptysie a pu être contrôlée.

Aucun des patients n’a souffert de complication thrombotique. Une patiente déjà intubée  en réanimation est décédée d’insuffisance respiratoire après 3 mois.

Lorsque, comme dans les cas présentés, l’embolisation précédente semble efficace, qu’il n’y a pas d’extravasation, et que l’hémoptysie récidive, la seule option possible est la chirurgie. La fonction respiratoire et le contexte infectieux (colonisation à pyocyaniques ou staphylocoques) sont parfois des handicaps réels qui contre indiquent une intervention. On peut alors envisager le F7R si le radiologue ne retrouve pas de vaisseau à emboliser identifiable.

Le F7R active la coagulation en se fixant au facteur tissulaire,  sur le site de la lésion artérielle. Il agit aussi sur les plaquettes activées. Ce produit est très coûteux, et selon les études et les séries, les taux de complications thrombotiques associées à son utilisation vont de 1 à 9,8 %, chez des patients à coagulation normale et avec des risque vasculaires identifiés.

Cette étude montre que lors d’hémoptysies massives, récidivantes après embolisation, dans une indication concertée avec le radiologue, le F7R se révèle un traitement d’appoint utile. Il a aussi été utilisé ici avec succès dans un cas ou l’artériographie n’avait pas pu être réalisée.



Dr Isabelle Herry


Lau E et coll. : Recombinant Activated Factor VII for Massive Hemoptysis in Patients with Cystic Fibrosis. Chest 2009; 136: 277-281.




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