L’exposition à la violence pendant la grossesse augmente le risque de petit poids de naissance

L’exposition à la violence pendant la grossesse augmente le risque de traumatisme physique et psychologique pour les femmes et leur fœtus. Les effets négatifs peuvent provenir soit directement du traumatisme, soit du stress qui en résulte. Notamment la violence physique et sexuelle est associée à une augmentation de la détresse émotionnelle, de la dépression, de problèmes d’anxiété, d’idées suicidaires et de comportements perturbés. Une association entre le stress maternel, la réduction de la croissance fœtale et l’accouchement prématuré a été observée par certaines études. Probablement les hormones produites en réponse au stress constituent-elles l’un des mécanismes par lequel la violence affecte la croissance du fœtus et la durée de la grossesse.

Une étude très intéressante analyse la libération neuroendocrinienne du cortisol en réponse au stress ressenti par les femmes enceintes abusées et les mécanismes par lequel il pourrait affecter le déroulement de la grossesse. Cent quarante-sept femmes enceintes (18-39SA) âgées de 14 à 40 ans ont été incluses dans cette étude. Quarante pour cent d’entre elles étaient des primipares, 33 % étaient adolescentes, 71 % présentaient des conditions socio-économiques défavorables et 61 % habitaient dans les zones rurales. Quarante-quatre pour cent des femmes rapportaient avoir été victimes, du fait de leur partenaire, de violences émotionnelles, 17 % de violences physiques et 8 % d’agressions sexuelles ; 13 % ont accouché de bébés de faible poids.

Deux échantillons salivaires pour la mesure du cortisol ont été prélevés le matin et l’après-midi du même jour. L’exposition à la violence pendant la grossesse, la faiblesse des ressources et le stress maternel ressenti étaient associés à un taux élevé du cortisol salivaire. Une corrélation significative a été observée entre la violence pendant la grossesse et le faible poids à la naissance des bébés.

Les femmes enceintes présentant des niveaux élevés de cortisol avaient un risque significativement plus élevé de donner naissance à des enfants de faible poids, mais elles n’accouchaient pas plus précocement.

En conclusion, la réduction du poids à la naissance était associée à l’augmentation des taux de cortisol liée à l’exposition à la violence. Il est nécessaire d’approfondir nos connaissances sur les violences envers les femmes pendant la grossesse, et de considérer davantage le rôle des violences comme un facteur de risque d’anomalies du déroulement ou de l’issue de la grossesse. Etant donné le contact fréquent avec le système de santé dans cette situation, la grossesse pourrait être une occasion précieuse pour dépister les victimes de violences.

Dr Viola Polena

Référence
Valladares E et coll. : Neuroendocrine response to violence during pregnancy--impact on duration of pregnancy and fetal growth. Acta Obstet Gynecol Scand. 2009; 88: 818-23.

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