Un diabète préexistant influe sur le pronostic du cancer de la prostate

Selon les projections de l’American Cancer Society, il faut s’attendre, en 2009, à  192 280 nouveaux cas de cancer de la prostate, ceci aux Etats-Unis. Soixante-trois pour cent de ceux-ci seront diagnostiqués chez des hommes âgés de plus de 65 ans, souvent atteints de co-morbidités diverses, volontiers associées.

Chez le sujet âgé, le diabète de type 2 est ainsi particulièrement fréquent, sa prévalence étant de 8 % dans la population adulte pour culminer à 15,3 % après 65 ans. Une méta-analyse récente suggère qu’un diabète préexistant est à même d’aggraver le pronostic de la plupart des cancers diagnostiqués chez le sujet âgé, avec toutefois un impact variable en fonction du type de tumeur maligne (un risque relatif [RR] de 1,09 pour le cancer du pancréas mais de 1,76 pour le cancer de l’endomètre). Une autre méta-analyse lisse entendre, pour sa part, que l’incidence du cancer de la prostate serait moindre chez les diabétiques, de sorte que la situation est quelque peu confuse.

Une troisième méta-analyse permet d’y voir un peu plus clair. Elle a reposé sur une revue de la littérature internationale parue jusqu’au 1er octobre 2008, ce qui a permis de retenir 11 articles. L’objectif était de mesurer l’impact d’un diabète préexistant sur :

1) la prise en charge et le pronostic du cancer de la prostate ;
2) sur la mortalité globale et la mortalité liée à cette tumeur maligne.

Les titres, les abstracts et les textes correspondant ont été analysés par deux auteurs qui ont œuvré chacun dans leur coin. En gros, une des quatre études retenues a mis en évidence une augmentation de la mortalité à long terme (> 3 mois) liée à un cancer de la prostate chez les diabétiques. Deux autres études ont objectivé une augmentation de la mortalité globale et la dernière une élévation de la mortalité à court terme (< 30 jours).

Les données de ces études, au demeurant peu nombreuses, n’ont pas permis de procéder à une méta-analyse formelle, mais elles ont pu être incluses dans une méta-analyse préliminaire qui a mis en évidence un risque relatif de 1,57 pour ce qui est de la mortalité globale à long terme chez les diabétiques atteints d’un cancer de la prostate. En outre, le diabète a été associé à un recours plus fréquent à la radiothérapie, mais aussi à une morbidité plus élevée, en termes notamment de complications, de récidives du cancer et d’échecs thérapeutiques.

Il semble qu’un diabète préexistant soit à même de retentir sur la morbi-mortalité chez les patients atteints d’un cancer de la prostate. A ce titre, la prise en charge oncologique devrait intégrer cette information, même si les résultats de cette méta-analyse préliminaire sont à prendre avec des pincettes.

Dr Philippe Tellier

Référence
Snyder CF et coll. : Does pre-existing diabetes affect prostate cancer prognosis ? A systematic review. Prostate cancer and Prostatic diseases 2009; publication avancée en ligne, 1er septembre. doi:10.1038/pcan.2009.39

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