Les anti-TNF alpha ont-ils un intérêt dans la sclérodermie systémique ?

La sclérodermie systémique fait partie du groupe des collagénoses. Il s’agit d’une affection rare du tissu conjonctif, d'étiologie inconnue, caractérisée par une fibrose et des altérations vasculaires, responsables de manifestations cliniques polymorphes de sévérité variable. Les divers traitements de fond proposés se sont avérés décevants.

L’efficacité des traitements anti TNF alpha n’étant plus a démontrer dans de nombreux rhumatismes inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthropathie), il semblait logique de les tenter dans les sclérodermies dés lors qu’il existe des syndromes de chevauchement associant polyarthrite et sclérodermie.

Une étude ouverte multicentrique d’une durée de 48 semaines a été effectuée  chez 16 malades souffrant de sclérodermie systémique. Tous ont reçu 5 perfusions de 5 mg d’infliximab sur 26 semaines au total.

Il n’a pas été constaté de modifications du score cutané à 26 semaines. Cependant, les taux de procollagène de type 3 (précurseur du collagène de type 3 retrouvé dans  la paroi des vaisseaux sanguins)  et de collagène de type 1 (constituant principal des tissus conjonctifs)  étaient abaissés de façon significative à S26 par rapport à l’entrée dans l’étude.

Aucun décès  n’a été constaté durant les 48 semaines de suivi. Par contre, il y a eu 21 évènements sévères chez 7 malades, la plupart attribués à la sclérodermie et non au traitement (crise rénale sclerodermique, ulcères digitaux infectés, syndrome de Raynaud grave, ischémie digitale). Au total 127 événements indésirables ont été dénombrés chez 16 malades (avec de fréquentes réactions à la perfusion) ; 15 % étaient en rapport avec l’infliximab. Pour 8 malades, les perfusions d’infliximab ont dû être interrompues. Enfin, 5 patients ont développé des anticorps anti infliximab, lesquels étaient significativement associés aux réactions liées à la perfusion.

Les auteurs concluent que l’infliximab dans cette étude n’a pas apporté de bénéfice clair à 26 semaines en traitement de la sclérodermie mais a permis la diminution de 2 marqueurs biologiques de la synthèse du collagène. La fréquence élevée de réactions lors de la perfusion doit faire envisager l’adjonction d’un autre immunosuppresseur à l’infliximab pour les études futures dans la sclérodermie.

Dr Juliette Lasoudris-Laloux

Référence
Denton CP et coll : An open label pilot study of infliximab therapy in diffuse cutaneous systemic sclerosis. Ann Rheum Dis., 2009 ; 68/9 :1433-1444

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