Prédiction du risque cardiovasculaire : le dysfonctionnement érectile manque de puissance

La composante vasculaire semble jouer un rôle primordial dans la pathogénie du dysfonctionnement érectile (DE). Ce paradigme tient au fait que ce dernier est en général associé aux grands facteurs de risque cardiovasculaire que sont l’hypertension artérielle, le diabète, les dyslipidémies et le tabagisme, autant de variables qui, pour leur part, contribuent lourdement à la pathogénie de l’artériosclérose, pour parler simplement. Le DE est-il pour autant représentatif de l’intégrité vasculaire ? Permet-il de prédire la survenue des événements cardiovasculaires (ECV) notamment majeurs qui mettent potentiellement en jeu le pronostic vital, tels les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ? Questions d’actualité auxquelles il est bien difficile de répondre.

Une étude de cohorte prospective de grande envergure permet sinon d’en juger, tout au moins de se faire une opinion, car le sujet est encore l’objet d’un débat. Cette étude a inclus des hommes hospitalisés entre 2001 et 2008. Lors d’un bilan initial en 2001, l’érection a été évaluée au moyen du questionnaire de l’IIEF-5 (International Index of Erectile Function). L’analyse statistique a finalement porté sur 2 506 participants indemnes de maladie cardiaque ou cérébrovasculaire au moment de l’inclusion. Au terme d’un suivi moyen de 6,5 années, 58 ECV (2,3 %) ont été dénombrés. En l’absence de DE à l’état basal (n=1 636), la fréquence des ECV a été de 1,9 %, versus 2,9 % dans le cas contraire (n=670).

Une analyse multivariée a montré que le DE n’était pas un facteur de risque indépendant associé à la survenue des ECV, à la différence de l’âge (risque relatif, RR 1,60/décennie), de l’HTA (RR, 1,88 /décennie ou encore du diabète (RR, 2,60/décennie). Certes, l’existence d’un DE témoigne d’un risque cardiovasculaire accru, mais celui-ci  n’en est pas moins tributaire d’autres facteurs tels l’âge, l’HTA et du diabète.

Dr Philippe Tellier

Référence
Ponholze A et coll. : Is erectile dysfunction a predictor of cardiovascular events or stroke? A prospective study using a validated questionnaire. Int J Impotence Res 2009; publication avancée en ligne.

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