Infections à mycobactéries non tuberculeuses de l’enfant : du diagnostic au traitement

Les mycobactéries non tuberculeuses (MNT), présentes dans l’eau et les sols, sont responsables d’adénites et d’infections de la peau, des tissus mous, des poumons, ou d’infections disséminées. Leur incidence augmente dans les pays tempérés. Dans ce cadre, une étude prospective australienne a été menée chez les enfants de moins de 15 ans entre juillet 2004 et juin 2007, auprès de pédiatres, chirurgiens, laboratoires et autres. Le taux de retour a été de 80 %. Les infections ont été classées « certaines » si les MNT ont été identifiés par culture ou PCR à partir d’un site stérile ; « probables » si le tableau clinique était évocateur, une fois exclu le BK, car l’intradermoréaction était positive, l’histologie compatible, la PCR positive à partir d’un site non stérile.

Au total, 102 cas ont été analysés. L’incidence était de 0,84/105 enfants/an (IC : 0,68-1,02), l’âge moyen des enfants était de 2,9 ans (1,1-14,2 ans) et 66,7 % d’entre eux avait moins de 5 ans. La plupart des enfants n’avaient pas de facteurs prédisposant, les autres présentaient des maladies pulmonaires chroniques (n=12/102), une mucoviscidose (n=9), des déficits immunitaires, primitifs ou secondaires (n=6), mais pas d’infection VIH.

Les localisations cliniques les plus fréquentes étaient les adénites : 68 cas (isolées 58 fois), les infections de la peau ou des tissus mous : 25 cas (isolés 14 fois ou associés à une adénite 10 fois). Les locations pulmonaires étaient plus rares (n=14), ainsi que les localisations squelettiques (n=2) et les bactériémies (n=3).

Les enfants avec une atteinte pulmonaire ou disséminée étaient plus âgés (7,2 ans contre 2,9). Les adénopathies étaient, pour l’essentiel, cervico-faciales ; les autres sites ne représentant que 14 %. La fièvre était plus fréquente dans les formes pulmonaires ou disséminées que dans les formes localisées (35,3 % vs 5,9 %) ainsi que la perte de poids (17,6 % vs 2,4 %).

Tous les tissus prélevés ont montré un aspect granulomateux ou une nécrose caséeuse. Sur 98 prélèvements par biopsie ou aspiration à l’aiguille, plus rarement pulmonaires ou sanguins (13 cas), la culture ou la PCR ont confirmé le diagnostic dans 75,5 % des cas. Les intradermo-réactions avec le bacille aviaire ou humain ont été positive 20 fois sur 27. Le mycobacterium avium intracellulare a été la plus fréquente des espèces isolées (48,5 %). Les autres bactéries, de pousse rapide étaient responsables des 2/3 des infections cutanées ou des tissus mous.

Un traitement chirurgical d’excision a été réalisé chez 78 enfants et un traitement médical chez 42. Les 2 traitements ont été associés chez 25 enfants. Les macrolides ont été utilisés dans 78,6 % des cas.

Le suivi, connu pour 77 enfants, a été marqué par une récidive locale dans 18 cas. L’excision compléte, comparée aux autres traitements, a eu le meilleur taux de succès sauf en cas d’isolement d’un Mycobacterium lentiflavum.

Pr JJ Baudon

Références
Blyth CC et coll. : Nontuberculous mycobacterial infection in children. A prospective national study. Pediatr Infect Dis J 2009 ; 28 : 801-5.
Mycobacterium

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