Récidives locales après traitement chirurgical des petits cancers du poumon

Le traitement des stades précoces des cancers du poumon non à petites cellules (CPNPC) est essentiellement chirurgical. Cependant, dans un nombre non négligeable de cas, une récidive locale (et/ou à distance) survient. Une étude publiée en ligne cherche à répondre à la double question : quel est, après chirurgie,

1° le risque de récidive locale et 2° le risque de récidive à distance et de second cancer.

Cette étude rétrospective a porté sur 975 patients opérés entre 1995 et 2005 (stades I et II, N0-N1) sans aucun traitement préalable.
La grande majorité de ces tumeurs étaient de stade I (45 % IA, 39 % IB) avec 68 % de lobectomies et 85 % de curage médiastinal (négatif dans 78 % des cas) ; 43 % des tumeurs étaient modérément (43 %) et peu (31 %) différenciés.

Le suivi moyen a été de 33 mois (1-144) avec les résultats suivants.

1. Parmi les patients qui ont récidivé, 25 % n’ont eu qu’une récidive locale, 46 % une récidive à distance et 29 % les deux. Quarante-cinq patients ont eu un second cancer

2. Des récidives locales (zone d’exérèse, hile, médiastin ipsilatéral) ont été observées chez 140 patients (14,35 %), à un peu plus d’un an, avec un risque à 5 ans estimé à 23 %. La moitié de ces malades avaient aussi une métastase à distance.

3. Des récidives à distance (médiastin contro-latéral, métastases extra-thoraciques) ont été constatées chez 207 patients (21,2 %) en moyenne à 1 an avec un risque à 5 ans estimé à 34 %.

4. Le risque de récidive locale est plus grand en cas de résection limitée (< à lobectomie), en l’absence de curage, en cas de stade > à IA, s’il s’agit d’un carcinome épidermoïde peu ou pas différencié et si les marges sont envahies.

5. Pour les 445 patients qui ont eu un traitement chirurgical optimal (lobectomies à marges négatives) et qui sont candidats à un traitement adjuvant (stades IB et II), à 5 ans, le risque actuariel de récidive locale est de 27 % et de 42 % pour les récidives à distance.

Le risque de récidive locale est considéré comme inférieur au risque de récidive à distance (telles que définies ici). Cette étude le confirme. Cependant, ceci reste débattu car le caractère local d’une récidive varie d’une publication l’autre (médiastin ipsi vs contro-latéral), car les traitements adjuvants et ceux des métastases masquent ou retardent la découverte d’une récidive locale et parce qu’il est probablement plus facile de diagnostiquer une récidive à distance qu’une récidive locale……

Les auteurs de cette publication font une bonne analyse des récidives après traitement chirurgical des petits CPNPC, mais c’est pour en tirer une conclusion inattendue à savoir un plaidoyer pour la radiothérapie médiastinale et thoracique chez des patients sélectionnées comme potentiellement à risque de récidive locale. Leurs arguments en faveur d’une technique améliorée sont convaincants, néanmoins la place de la radiothérapie postopératoire comme traitement adjuvant des CPNPC précoces reste débattue.

Dr Roland Charpentier

Références
Chris R. Kelsey et coll. : Local recurrence After Surgery for early Stage Lung Cancer
(An 11-year Experience With 975 Patients). Cancer, 2009 ; publication avancée en ligne le 11 août.

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