Les avancées considérables de la prise en charge néonatale ces
dernières décennies ont modifié le profil épidémiologique et la
nature des affections pulmonaires des prématurés. Des équipes
australiennes se sont attachées dans ce contexte à préciser chez
les enfants nés prématurément la fréquence des symptômes
respiratoires au cours des trois premières années de vie, et ont
évalué les effets de la dysplasie broncho-pulmonaire (DBP)
néonatale sur la symptomatologie respiratoire.
Trois ans de suivi, par questionnaire, des symptômes
respiratoires
L’évaluation s’est appuyée sur les réponses à un questionnaire
adressé par mail aux parents d’enfants nés à un âge gestationnel
inférieur à 32 semaines, entre juillet 1993 et décembre 2003. Ce
questionnaire, détaillant les symptômes respiratoires de l’enfant a
été envoyé à trois reprises aux parents, lorsque l’enfant était âgé
de 1 an, puis 2 ans, enfin à l’occasion de ses 3 ans.
Une altération de la santé respiratoire plus marquée en cas
de DBP néonatale
Les taux de réponse aux questionnaires étaient de 53 % à 1 an,
de 28 % à 2 ans et de 18 % à 3 ans. Les données intéressant
l’administration d’oxygène étaient disponibles pour 2 414 des 2 634
enfants ayant survécu ; 31 % de ces 2 414 enfants ayant eu une DBP
du nouveau-né prématuré.
Aux trois âges soumis à analyse, les résultats montrent une
fréquence plus élevée de sifflement respiratoire chez les enfants
ayant eu une DBP comparativement aux autres : odds ratios [OR]=1,64
à 1 an ; OR=1,96 à 2 ans et OR=1,99 à 3 ans.
L’étude révèle aussi, dans le groupe avec DBP, une augmentation
de la fréquence de survenue des pneumopathies et des bronchites,
ainsi qu’une utilisation accrue de bronchodilatateurs.
Les auteurs attirent l’attention sur la fréquence des symptômes
respiratoires au cours des trois premières années chez les enfants
nés prématurément, fréquence qu’ils trouvent majorée chez les
anciens prématurés atteints de DBP en comparaison de ceux non
atteints de cette affection respiratoire. Ils associent aux
antécédents de DBP néonatale un wheezing persistant tout au long de
la période d’étude (OR=2), et relient, en outre, augmentation de
l’âge gestationnel et moindre utilisation de bronchodilatateurs
(OR=0,85 pour chaque semaine supplémentaire).
Dr Julie Perrot
Wilson A et coll. : Respiratory symptoms in the first 3 years of life in ex-premature infants and children. European Respiratory Society (ERS) annual congress (Vienne) : 12-16 septembre 2009.
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