Le virus West Nile s'installe en Italie

Le virus West Nile (WNV) est responsable d’une zoonose endémique en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Les oiseaux migrateurs constituent son réservoir et la transmission vectorielle est assurée principalement par les moustiques du genre Culex. Le virus, responsable de fièvres et d’encéphalites équines et humaines s’est récemment propagé en Europe continentale et dans le pourtour méditerranéen, ainsi qu’en Amérique. En Italie, les premiers cas équins ont été signalés en 1998 et les neuf premiers cas humains en 2008 dans les régions de Vénétie et d' Emilie Romagne .

La résurgence de cas durant l'été 2009 a fait l'objet d'une surveillance étroite dans les régions concernées et en Lombardie grâce à une enquête étiologique systématique des maladies neuro-invasives.

Les cas étaient définis par la présence de signes cliniques (fièvre > 38,5°C et symptômes neurologiques) et confirmés par l’un des critères suivants : isolement du WNV dans le sang ou le LCR, détection  d’IgM spécifiques dans le LCR, détection de l’ARN du WNV par RT-PCR dans le sang ou le LCR, élévation des IgG et IgM spécifiques confirmée par test de neutralisation.

Seize cas confirmés  d’encéphalite à WN (WNND) ont été détectés entre août et septembre 2008 dans 3 régions :

- En Vénétie, 6 cas (âgés de 62 à 82 ans) tous hospitalisés et encore dans un état critique hormis un patient décédé.
- En Emilie-Romagne, 8 cas (âges de 62 à 78 ans)  à Modène (1) , Ferrare (5) , Imola (1) et Bologne (1 ). Tous les cas sont également encore hospitalisés hormis un patient décédé.
- En Lombardie, 2 cas résidents  de  Mantoue (proche de l'Emilie -Romagne) toujours hospitalisés.

Des mesures de contrôle vectoriel ont été mises en place avec la pulvérisation d'insecticides et la diffusion de messages d'éducation à la prévention des piqûres d'insectes.

Un dépistage par PCR est systématiquement effectué sur les dons de sang issus des trois régions afin de déclencher, à la première positivité détectée, un arrêt de collecte dans la province concernée.

Dans les régions climatiques favorables au cycle du WNV, croiser les données vétérinaires, entomologiques et humaines est  crucial pour la surveillance de l'avancée du virus. Il faut également compter sur la vigilance des cliniciens à diagnostiquer rapidement les nouveaux cas humains afin de prendre les mesures de santé publique appropriées. La France, qui connaît régulièrement des cas équins en Camargue, pourrait s’inspirer de l’exemple transalpin.

Dr Muriel Macé

Références
Rizzo C et coll. : West Nile transmission with human cases in Italy, august-september 2009.
Euro Surveill. 2009 ; 14 (40) : pii =19353

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