Angle ouvert ou fermé, même combat

Alors qu’environ huit glaucomes chroniques sur dix sont à angle ouvert en Europe, les formes par fermeture de l’angle prédominent en Asie, notamment en Chine, avec près de 30 millions de chinois anatomiquement prédisposés.

Dans ce contexte, une équipe de Singapour a consacré une étude prospective aux variations diurnes de la pression intra-oculaire (PIO) d’yeux à angle irido-cornéen fermé. Pour cela, 98 sujets asiatiques (98 yeux), en majorité des femmes, ont été enrôlés : 32 du fait d’un angle fermable, 34 pour fermeture primitive de l’angle et 34 pour glaucome primitif à angle fermé. Tous avaient subi au préalable une iridotomie périphérique au laser, à l’exclusion de tout autre traitement médical ou chirurgical. Vingt et un volontaires sains (21 yeux) ont en outre été inclus en qualité de témoins.

Tous les patients ont bénéficié d’un examen ophtalmologique, gonioscopie dynamique et champ visuel automatisé compris. La PIO a été mesurée toutes les heures, de 8h à 17h, par un tonomètre à air pulsé, puis les valeurs moyenne, maximale, minimale et différentielle (Max-Min) ont été comparées d’un groupe à l’autre. L’amplitude des fluctuations a fait l’objet d’analyses statistiques à la recherche de facteurs associés tels que l’âge, l’étendue des synéchies antérieures, l’épaisseur cornéenne centrale, l’excavation papillaire verticale (C/D), ou l’indice périmétrique PSD (Pattern Standard Deviation).

Dans cette série, les variations de la PIO diurne étaient significativement plus amples chez les patients des groupes « glaucome » et « fermeture primitive de l’angle ». Dans ces deux catégories de patients, une association a été mise en évidence entre fluctuations de la PIO d’une part, degré des synéchies irido-cornéennes et profondeur du déficit campimétrique (indice PSD) d’autre part.

Cette étude n’est pas sans nous rappeler quelques principes de la prise en charge personnalisée des glaucomes. Ce n’est un secret pour personne, les variations nycthémérales de la PIO sont physiologiques et cycliques. La pression, habituellement plus élevée le matin, diminue dans la soirée.
Néanmoins, chez les patients glaucomateux, ces variations sont souvent plus profondes et parfois décalées. Ceci justifie dans certains cas la réalisation d’une courbe de PIO, diurne voire sur 24 heures. En effet, pression moyenne, pression maximale (Pics) et fluctuations de pression sont des paramètres qui peuvent s’avérer très importants pour la décision thérapeutique.

Dr Véronique Barbat

Référence
Baskaran M et coll. : Diurnal Intraocular Pressure Fluctuation and Associated Risk Factors in Eyes with Angle Closure. Ophthalmology 2009 Publication avancée en ligne le 21 octobre

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