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Cancer et metformine : un effet protecteur très probable

Publié le 07/11/2009 Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Alors que les études consacrées aux corrélations entre le risque de cancer et les divers traitements du diabète ont entraîné, ces derniers temps, de regrettables emballements médiatiques, une très rigoureuse analyse épidémiologique nous apporte des résultats encourageants concernant la metformine. Le rationnel de l'étude repose sur les propriétés activatrices de l'AMPK (AMP-activated protein kinase) que possède la metformine. Il a été montré que la metformine entraînait une diminution de la glycémie en restaurant la phosphorylation, induite par l'AMPK, de protéines impliquées dans l'utilisation musculaire du glucose et l'inhibition de la glucogénèse hépatique. Or le régulateur de l'AMPK, LKB1, est un gène supresseur de tumeur, qui pourrait expliquer un effet protecteur de la metformine sur le risque de cancer. D'autres mécanismes impliquant la phosphorylation protéique intra-cellulaire sont probablement en cause et la recherche consacrée au rôle des kinases en cancérologie est en plein essor. 

Cette étude, réalisée en Ecosse, a permis le croisement de 3 registres établis en population générale, le premier collectant les cas prévalents de diabète, le deuxième consacré aux traitements médicamenteux et le troisième enregistrant les nouveaux cas de cancer et la survie des patients. Il a été ainsi possible de suivre le traitement de 8 000 patients diabétiques au cours d'une période de 10 années. Le suivi a concerné 4 085 patients ayant débuté un traitement par metformine dans la période 1994 - 2003 et 4 085 témoins appariés sur l'année de diagnostic du diabète (patients non traités par metformine). Dans cette cohorte, le nombre de cas incidents de cancer a été de 700, avec une moindre fréquence pour les patients traités par metformine (7,3 versus 11,6 % ; p < 0,001). La réduction du risque de cancer associée à l'utilisation de la metformine était de 0,46 (0,40-0,53). Sur une période de 10 ans, la diminution de l'incidence des cancers ajustée était de 37 % (IC 95 % = [25 ; 47]) après prise en compte de l'âge, du sexe, de l'IMC, du tabagisme, du statut socio-économique. La protection conférée par la metformine était similaire pour les cancers pulmonaires, coliques ou mammaires. Le calcul du nombre de patients à traiter par metformine pour éviter un cas incident de cancer était de 23. La diminution de l'incidence du cancer était corrélée à la durée du traitement par metformine. Les patients traités par metformine qui développaient un cancer avaient une meilleure survie que ceux ne recevant pas ce traitement.

Cette étude épidémiologique montre que le traitement par metformine est associé, chez les patents diabétiques, a une diminution du risque de cancer. Une étude randomisée est nécessaire pour confirmer le rôle protecteur de la metformine sur le risque de cancer.



Dr laurence Du Pasquier


Libby G et coll : New users of metformin are at low risk of incident cancer : A cohort study among people with type 2 diabetes. Diabetes Care 2009 ; 32 : 1620-1625,.
Duncan BB et Scmidt MI : Metformin, cancer, alphabet soup, and the role of epidemiology in etiologic research. Diabetes Care 2009 ; 32 : 1748-1750.




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