Une équipe bordelaise a analysé 72 biopsies de tumeurs des voies
aérodigestives supérieures entre janvier 2008 et février 2009. En
effet, si le rôle du tabac et de l’alcool n’est plus à démontrer
dans les carcinomes ORL, des faisceaux d’arguments convergent pour
mettre en cause les papillomavirus humains et notamment le HPV-16.
Un quart des tumeurs malignes ORL serait dû au papillomavirus
humain, plus particulièrement les tumeurs amygdaliennes.
Prévalence et étude génotypique
Les 72 biopsies ont révélé 41 tumeurs bénignes et 31 carcinomes.
La prévalence du papillomavirus était importante dans les 2 groupes
de tumeurs, respectivement 80,6 % et 63,4%. HPV-6 était le génotype
le plus fréquemment rencontré dans les tumeurs bénignes (56,5 %)
mais était également retrouvé dans 38,9 % des carcinomes. Le
génotype HPV-16 était retrouvé dans 55,5 % des tumeurs malignes et
dans 23,8 % des tumeurs bénignes, soit une différence significative
(p=0,04).
Ces résultas obtenus dans la région aquitaine sont plus élevés
que ceux d’autres études épidémiologiques. Malgré la baisse de la
consommation de tabac, la prévalence des tumeurs malignes ORL
augmente. Les auteurs concluent au rôle causal de plus en plus
important des HPV, et peut être aussi du HPV-6.
Dr Reine Noël
De Mones del Pujol E et coll. : Forte prévalence des papillomavirus humains dans les tumeurs des voies aérodigestives supérieures dans le sud-ouest de la France : données actuelles et questions. 116e congrès de la SFORL (Paris) : 4 - 6 octobre 2009.
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