Vaccination contre la grippe A (H1N1) : ça commence aujourd’hui

Paris, le jeudi 12 novembre 2009 – Une partie des six millions de personnes appelées à se faire vacciner contre la grippe A (H1N1) dès aujourd’hui, a déjà reçu une « convocation » de la part de leur caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). L’ensemble de ces Français concernés en priorité devrait recevoir son bon d’ici le 25 novembre. Il s’agit tout d’abord de « l’entourage des nourrissons de moins de six mois » : les spécialistes de la petite enfance mais aussi leur famille proche. En pratique, seul le parent sur la carte vitale duquel figure le jeune enfant reçoit l’invitation de la CPAM, à charge pour lui d’alerter les autres personnes vivant sous le même toit que le nourrisson ou s’occupant de lui, pour qu’elles se présentent à leur CPAM afin de bénéficier à leur tour d’un bon de vaccination.

Nourrissons et femmes enceintes attendront le 22 novembre

Sont également concernés par cette première vague de vaccination : les sujets âgés de 2 à 64 ans avec facteurs de risque et les professionnels de santé non encore vaccinés. Les nourrissons de 6 mois à deux ans et les femmes enceintes, également prioritaires, devront cependant attendre l’arrivée du vaccin sans adjuvant, dont l’autorisation de mise sur le marché (AMM) devrait intervenir vendredi et qui devrait être disponible entre le 20 et le 22 novembre.

Horaires à géométrie variable

Munies de leur bon, reçu à leur domicile ou retiré à la CPAM, les personnes souhaitant se faire vacciner se rendent, idéalement dans les dix jours, dans le centre qui leur a été indiqué sur leur invitation : le plus souvent un gymnase réquisitionné pour l’occasion. Elles doivent alors remplir un questionnaire avant un « entretien » avec un praticien. Puis, vient le moment de la vaccination. Au total, ce parcours doit durer, selon les estimations de la mairie de Paris, moins de quinze minutes (attente non comprise !). Le temps de l’injection n’excède notamment pas deux minutes, si l’on se réfère à un exercice mené dans la capitale au mois de septembre. Les horaires d’ouverture des centres, très variables d’un département à l’autre (et pas toujours adaptées à la vie professionnelle des candidats à la vaccination !), sont relayées par la presse locale et peuvent être connues en consultant les sites internet des CPAM, des mairies et des préfectures ou plus simplement en leur téléphonant. Ces différentes institutions donneront également des renseignements sur les cas particuliers (personnes ne pouvant se déplacer, étranger sans assurance maladie…).

Organisation étatique

Face à cette organisation apparemment sans faille, c’est la fronde qui semble prévaloir aujourd’hui. Plusieurs directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) ont en effet fait part ces dernières vingt-quatre heures de leur inquiétude face à une participation volontaire insuffisante des professionnels de santé. Dans de nombreux départements, les réquisitions n’ont pas encore été nécessaires, mais sont redoutées en cas d’accélération de la campagne de vaccination. Dans d’autres, les préfectures ont déjà dû y avoir recours. C’est notamment le cas dans le Cantal, le Nord et le Calvados selon le syndicat MG France qui demande que ces réquisitions « cessent immédiatement ». Pour l’organisation, les vaccinations devraient en effet avoir lieu dans les cabinets des médecins généralistes ! C’est également la vision de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) qui assure que la désaffection annoncée des Français pour la vaccination est liée à cette organisation « étatique ».

Pas d’urgence !

La participation des Français à la campagne reste de fait la grande inconnue de cette journée de démarrage. Sera-t-elle aussi faible que ne le laisse présager les sondages ? Les reportages réalisés ce matin sur différentes radios nationales le laissent supposer. Sur RTL, dans une crèche de Suresnes, aucun des 28 salariés de l’établissement n’avaient l’intention de se vacciner, estimant qu’il n’y avait pas urgence et oubliant que l’immunisation n’est optimale que trois semaines après l’injection comme le rappelait au même moment le professeur Carli sur France Inter !

A.H.

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