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Les présidents des comités consultatifs médicaux de l’AP-HP dénoncent un « étranglement financier »

Publié le 17/11/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 17 novembre 2009 – Les chefs de service des établissements de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) ont déjà pris leur plume cette année pour écrire au ministre de la Santé. On se souvient en effet comment les débats autour de la loi « Hôpital patients santé territoire » (HPST) avaient été marqués par plusieurs échanges de lettres entre ceux que l’on appelle « les mandarins » et Roselyne Bachelot. Alors que ces missives avaient finalement abouti à des changements du texte de loi jugés salutaires, la fibre épistolaire semble de nouveau chatouiller les médecins qui exercent des responsabilités administratives au sein de l’AP-HP.

Pôles et T2A : pas de problème !

Les présidents de l’ensemble des comités consultatifs médicaux (CCM) des établissements de l’AP-HP viennent en effet d’adresser une lettre ouverte à Roselyne Bachelot, baptisée « Sauver l’hôpital public ». A l’image de ce titre, le ton de la tribune est marqué par l’inquiétude et la réprobation. Ces sentiments pourraient paraître surprenants de la part des auteurs de la lettre qui se sont le plus souvent montrés très favorables aux réformes menées ces dernières années. Les signataires le rappellent d’ailleurs sans ambages : « Les présidents des CCM des hôpitaux de l’AP-HP se sont engagés ces dernières années avec volonté dans la réorganisation de l’hôpital en mettant en place les pôles d’activité médicale. (…) Une modernisation de l’hôpital nous semblait indispensable et nous avons plaidé que cela passait par de nouveaux schémas, plus solidaires et plus responsables vis-à-vis de l’utilisation rationnelle des moyens dédiés par la communauté au système de santé. Nous avons dans le même temps accompagné la vague de la « tarification à l’activité » (…). Là aussi nous avons plaidé l’aspect fortement incitateur de cette réforme en terme de réorganisation et d’optimisation des moyens utilisés ».

Démissions ?

Le temps, cependant, n’est plus à l’adhésion, car écrivent les présidents des CCM « le ton a malheureusement changé ». Tel est en effet l’objet de leur lettre : dénoncer une politique qui se résume à « un étranglement financier pur et simple. Des restrictions budgétaires sans objectifs médicaux ni de santé publique clairement identifiés font courir des risques graves au système de santé que nous servons », écrivent en effet ces « patrons » de l’AP-HP. Ils regrettent notamment une cessation des investissements, des recrutements qui doivent être faits sur « la base d’une masse salariale constante » ou encore des « crédits d’emplois » qui « disparaissent ». Soulignant combien cette primauté de l’économique représente un risque pour la qualité des soins, ils évoquent également comment « les dépenses de personnel supplémentaires, si importantes dans les périodes de surchauffe, sont bloquées ». Face à cette situation, qui semble, selon eux, remettre en cause, les fondements mêmes de notre système de santé, les signataires souhaitent adresser un avertissement solennel au ministre de la Santé. Certains par ailleurs n’excluraient pas de démissionner de leurs fonctions administratives, tandis que le professeur Pierre Coriat, président de la commission médicale d’établissement (CME) de l’AP-HP a annoncé qu’il pourrait quitter son poste si était confirmée la suppression de 1 150 emplois.



A.H.



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