Paris, le mercredi 18 novembre 2009 – L’infiniment petit peut
être à l’origine de grandes inquiétudes. C’est ce dont témoignent
les craintes que suscite le développement des nanotechnologies,
dont beaucoup redoutent les risques cachés pour la santé. Aussi, un
débat public sur les nanotechnologies a-t-il été récemment lancé et
doit perdurer jusqu’en février 2010. Dans le cadre de cette
réflexion, l’Académie nationale de pharmacie a souhaité apporter
une pierre à cet édifice en élaborant un rapport dédié à ces
technologies, rendu public il y a quelques semaines.
Des médicaments mieux ciblés
Très favorable à cette innovation, l’Académie nationale de
pharmacie en vante les différents avantages dans le domaine de la
santé. « Les nanomédicaments peuvent améliorer les soins
apportés aux patients » écrit-elle ainsi, non seulement parce
qu’ils sont « mieux dirigés vers leur cible biologique »,
ce qui devrait permettre une réduction des doses, mais aussi parce
qu’ils sont « administrés sous forme protégée de la dégradation
(…) par l’organisme », ce qui pourrait contribuer à limiter
les effets secondaires. Outre, les bénéfices que peut tirer la
santé de l’exploitation des nanotechnologies, l’Académie nationale
de pharmacie observe que l’« évaluation » des
nanomédicaments a été jusqu’alors « bien encadrée ». Elle
cite notamment les rapports de l’Agence française de sécurité
sanitaire des produits de santé (AFSSPAS) et de l’Académie
nationale de médecine en 2008 et celui de l’Agence européenne du
médicament en avril dernier.
Pas de formation des étudiants en pharmacie
Forte de ces constatations et rappelant que le « pharmacien
est (…) au cœur du processus de recherche/développement et
industrialisation de ces produits », l’Académie nationale de
pharmacie propose trois recommandations destinées tout à la fois à
rappeler l’importance de développer les nanomédicaments et
d’améliorer les connaissances les concernant. Elle préconise en
effet de « poursuivre et d’encourager l’accompagnement
technique et réglementaire de l’innovation majeure que représente
l’introduction des nanotechnologies en médecine et en
pharmacie ». Pour ce faire, elle suggère notamment
d’harmoniser d’avantage la terminologie ayant à trait aux
nanotechnologies. Dans un second temps, les sages insistent sur
l’importance d’offrir une meilleure formation aux professionnels de
santé. Ils observent à cet égard que : « L’inventaire des lieux
de formation universitaire en France dans ce domaine montre qu’il y
a peu d’expertise reconnue et qu’aucune formation systématique des
étudiants en pharmacie n’est réalisée en France ». Enfin,
l’Académie de pharmacie recommande « de favoriser l’information du
public » afin d’en faire connaître les bienfaits possibles.
A.H.
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