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Grippe A (H1N1) : les parents d’élèves au piquet !

Publié le 19/11/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le jeudi 19 novembre 2009 – Les commentateurs ont beau jeu de fustiger les erreurs de communication du gouvernement autour de la grippe A (H1N1) qui expliqueraient la défiance marquée de la population à l’égard du vaccin, il semblerait pourtant également opportun de dénoncer l’incapacité totale de certains à comprendre les enjeux du dispositif mis en place par les pouvoirs publics. Ainsi, alors que les fermetures d’école se multiplient (avec des décisions à géométrie variable puisque un nombre de cas semblable d’une académie à l’autre peut ou non entraîner la suspension des cours), les organisations de parents d’élèves démontrent une nouvelle fois qu’elles ne savent pas apprécier la situation à sa juste mesure.

Pour la grippe c’est A, pour les fédérations de parents d’élèves c’est D !

Les déclarations hier de Christiane Alain, secrétaire générale de la FCPE témoignent ainsi qu’elle refuse de comprendre les principes qui régissent les opérations de limitation de propagation d’une épidémie. Elle a en effet assuré : « En août dernier, lors de nos discussions avec le gouvernement, nous étions d’accord pour casser la collectivité scolaire afin d’éviter la propagation de la grippe chez les élèves, car on imaginait le virus se développant surtout dans les écoles. Maintenant que l’on sait que la grippe est partout, l’idée de sortir les élèves du système scolaire pour éviter la propagation ne se pose plus » ! Bref, puisque le mal est là, il serait inutile de vouloir essayer de le contenir ! De son côté, le président de la PEEP, Philippe Vrand, se sera aventuré sur le terrain de la virologie en soulignant : « Les fermetures de classes à partir de trois cas de grippe A avérés sont une préconisation de l'OMS difficile à appliquer car, les tests étant coûteux, on ignore souvent si la grippe est saisonnière ou H1N1 ». Las, pour adopter ce ton docte, quelques révisions préalables auraient peut-être été nécessaires. Lors de son audition par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, mardi, la directrice de l’Institut de veille sanitaire (InVS), Françoise Weber a en effet indiqué que le virus de la grippe A (H1N1) avait « pris toute la place » : en effet sur 994 virus testés la semaine dernière, 932 étaient des virus A (H1N1) !

Augmentation de 50 % du nombre de décès

Le bilan dressé par Françoise Weber à l’occasion de son audition permettait par ailleurs de confirmer la recrudescence de l’épidémie. « Nous assistons à une intensification franche » a-t-elle ainsi insisté. Alors que 1,5 million de personnes auraient déjà été touchées en France, tous les indicateurs témoignent de la hausse du nombre de cas. Françoise Weber a ainsi évoqué « une augmentation du nombre d’hospitalisations pour cas graves », parmi lesquels 21 % concernent des moins de quinze ans, 33 % des patients souffrant de maladies respiratoires, 12 % des diabétiques et 10 % des personnes d’obèses. Hier soir, sur France 2, le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a complété ce bilan en soulignant que « Nous avons eu dans la semaine 16 morts à cause de la grippe A (H1N1), ce chiffre est en augmentation de 50 % par rapport à la semaine dernière ». Elle a également indiqué que « 81 personnes étaient hospitalisées en service de réanimation » à ce jour.

30 vaccinations par jour plutôt que 30 vaccinations par heure !

Hier, comme ce matin, interrogée, sur LCI, elle s’est par ailleurs attelée à évoquer le nombre de personnes vaccinées. Faisant état de 200 000 personnes immunisées mercredi 18 novembre au matin, elle a exhorté ses détracteurs à ne pas « juger sur quatre jours une campagne de vaccination qui va durer quatre mois ». Elle a par ailleurs affirmé : « Le nombre de personnes qui se sont fait vacciner augmente tous les jours. Nous sommes à plus de 24 000 personnes par jour (soit moins de 24 par centre, ndrl) ». Les échos de la presse régionale témoignent également de ce frémissement. Ainsi, pour exemple, la Voix du Nord fait état à Valenciennes d’une progression nette des demandes depuis l’ouverture des centres : neuf personnes s’étaient fait vacciner jeudi, vingt-quatre vendredi et trente-neuf mardi. Par ailleurs, dans les six centres de l’arrondissement, 404 personnes se sont faites immunisées entre le 12 et le 17 novembre, dont 107 pour la seule mâtinée de mardi. Même tendance dans le sud de la France : à Toulouse, dans l’un des quatre centres, alors que l’on avait compté 29 personnes vaccinées jeudi 12 novembre, elles ont été 83 à être immunisées mercredi 18. « C’est vrai, cela a été poussif, mais il me semble qu’il y a une montée en puissance. C’est le premier jour où nous assistons à un tel rush », commente dans la Dépêche du Midi, l’un des responsables de centre, Henri Garrigues. Toujours dans le sud, à Rodez hier, les organisateurs de la campagne ont été surpris de voir se former une véritable file d’attente à l’extérieur du centre. Ces affluences relatives restent cependant limitées et l’on demeure loin des trente vaccinations par heure que l’on pensait devoir atteindre !

49 millions de vaccinés aux USA !

Les 200 000 personnes immunisées en France représenteraient d’ailleurs pour certains pays un chiffre catastrophique ! Ce serait probablement le cas dans la province de l’Ontario au Canada (près de 13 millions d’habitants) où 2,5 millions de personnes ont été immunisées en trois semaines et où l’ouverture des centres à l’ensemble de la population a incité le ministre de la Santé à lancer un appel à la patience. De même aux Etats-Unis, 49 millions de doses de vaccin ont déjà été injectées, selon Tom Skinner, porte-parole des CDC.



AH



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